Hôpitaux – Châteaudun et Chartres : nouvelles attaques

06 Décembre 2017

En région Centre-Val-de-Loire, le Projet régional de santé (PRS) est en cours d’élaboration. Il se fait dans le cadre des mesures gouvernementales qui ont fixé l’objectif de 22 000 suppressions de postes et 16 000 suppressions de lits dans le pays.

L’Agence régionale de santé (ARS) considère que le département d’Eure-et-Loir souffre d’une complexité locale : la présence de deux hôpitaux de taille sensiblement égale, l’un à Chartres, l’autre à Dreux. Selon le point de vue des responsables, il ne s’agit pas d’un atout permettant à la population un meilleur accès aux soins, mais d’un handicap !

C’est donc pour rationaliser les coûts que l’ARS prévoit la fermeture de la maternité de Châteaudun, au sud du département, en 2018. Il faudra se déplacer à Chartres, à 50 km. C’est une dégradation de l’accès aux soins qui va toucher toute la population. Les syndicats CGT, FO et CFDT ont appelé à un rassemblement pour dénoncer cette mesure samedi 16 décembre, à 10 h 30, devant la mairie de Châteaudun.

À Chartres, pour répondre aux exigences comptables de l’ARS, la direction de l’hôpital Pasteur fait le choix de fermer 96 lits sur les trois prochaines années, dont 40 en 2018. Il n’est pas encore précisé quels services seront affectés, mais on sait déjà que la Pneumologie est sur la sellette. Trois pneumologues sur cinq partent et ne sont pas remplacés, et le nombre de lits doit passer de 40 à 15. À cela s’ajoutent d’autres mesures qui sont autant de dégradations du service hospitalier : suppression de la subvention de l’ARS pour le fonctionnement de la crèche hospitalière, arrêt du financement de la seconde ligne de SMUR (Service médical urgences et réanimation), fin de la gratuité du parking de l’hôpital confié à une société privée…

À l’image de ce qui se passe dans tous les hôpitaux du pays, tout cela se fait sur fond de pressions croissantes sur le personnel. Chez les infirmières, les aides-soignants, les assistantes sociales, beaucoup se sentent à bout : rythme de travail effréné, pauses-repas de 30 minutes qui sautent, temps des transmissions qui s’allongent et commencent plus tard pour cause d’effectifs soignants insuffisants, ce sont autant de quarts d’heure supplémentaires de travail chaque jour. Les repos de temps partiel sont de plus en plus souvent reportés pour nécessité de service, des départs en retraite et congés maternité ne sont plus remplacés. Il est évident qu’il faut embaucher, créer des postes, mais la réponse de la direction est la mutualisation des moyens, comprenez : obliger le personnel à aller travailler dans tous les services, à être « flexible ».

La CGT a organisé un rassemblement devant l’ARS chartraine mercredi 6 décembre, et appelé les salariés de l’hôpital à venir débattre et échanger dans le hall de l’hôpital Pasteur, mardi 12 décembre, de 14 h 30 à 15 h 30.

Cette gestion de l’hôpital se fait sur le dos des travailleurs et dégrade l’accès aux soins des patients. C’est inacceptable !

Correspondant LO