Honoraires médicaux : dépassements, danger !

06 Décembre 2017

Les dépassements d’honoraires médicaux sont passés de 2,35 milliards en 2011 à 2,66 en 2016. Malgré cela, la Caisse nationale d’assurance maladie trouve le moyen de se satisfaire du fait que, pour la cinquième année consécutive, la moyenne des dépassements serait en baisse dans le secteur 2, à honoraires libres !

Elle attribue ce bon résultat au contrat d’accès aux soins (CAS) : ce dispositif mis en place en 2012 prend en charge une partie des cotisations des médecins, s’ils s’engagent à modérer leurs tarifs. La modération est d’ailleurs toute relative : un spécialiste remboursé sur la base de 30 euros, par exemple, s’engage à ne pas dépasser de plus de 15 euros, soit 50 % tout de même.

Mais le CAS a été refusé par nombre de médecins : les trois quarts en Île-de-France. Ainsi les dépassements sont plus élevés dans les régions de Paris et de Lyon. En même temps, un plus grand nombre de spécialistes et même de généralistes ont imposé des dépassements à leurs patients. En 2016, un système plus souple, l’Optam, a même permis de faire des dépassements tout en restant dans le secteur 1, qui excluait auparavant les dépassements.

Ce que la population constate est que, CAS ou pas, Optam ou pas, il est de plus en plus difficile de trouver un médecin, surtout un spécialiste, à tarif conventionné. C’est quasiment impossible pour les ophtalmologues, les gynécologues, les psychiatres, les chirurgiens, et bien d’autres spécialités. Cela aboutit à ce que de plus en plus de gens renoncent à se soigner.

L’État ne veut rien imposer aux médecins, considérés comme des notables qu’il faut ménager. Il prétend les inciter, par des cadeaux, à modérer leurs tarifs ou à s’installer dans les zones qui manquent de médecins. On voit l’efficacité de cet appel au volontariat.

Vincent GELAS