Corée du Nord : Washington maintient la pression

06 Décembre 2017

Mercredi 29 novembre, plus de deux mois après son dernier essai nucléaire, la Corée du Nord a réalisé un tir de missile qui a relancé la surenchère verbale du côté des États-Unis. Le conseiller à la Sécurité nationale, le général Mac Master, déclarait que « la possibilité d’une guerre augmentait jour après jour ».

Le missile nord-coréen, qui ne transportait aucune charge explosive, est tombé en mer au large du Japon après un vol de 53 minutes et après avoir atteint une altitude qui démontrerait que Pyongyang possède un armement capable d’atteindre presque tout le globe. Cependant il est plus que douteux que le régime nord-coréen maîtrise les ogives nucléaires à embarquer sur ce type de missile. Quant aux visées expansionnistes du dictateur nord-coréen Kim Jong-un, elles existent surtout dans la propagande américaine.

Le régime nord-coréen cherche à démontrer qu’il maîtrise l’armement nucléaire et des missiles de croisière, en partie pour bluffer sa propre opinion publique abreuvée de surenchères nationalistes. Il voudrait ainsi arriver à desserrer l’étau économique dans lequel les États-Unis cherchent à enfermer le pays.

Mais la Maison-Blanche n’a visiblement pas l’intention de faire baisser la pression. L’épouvantail nord-coréen est bien utile à l’impérialisme américain, car il lui permet de justifier une présence militaire permanente dans la région et de mettre sous pression la Chine, quasiment le seul pays à maintenir des liens économiques avec la Corée du Nord. Le 20 novembre dernier, Trump a annoncé que la Corée du Nord figurait de nouveau sur la liste des États soutenant le terrorisme, alors qu’elle en avait été rayée en 2008. L’armée américaine multiplie les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. Le troisième depuis la fin de l’été a commencé le 4 décembre, avec plus de 200 avions et des dizaines de milliers de soldats sud-coréens et américains au sol.

Dans la partie de poker qui les oppose au régime nord-coréen, ce sont les États-Unis, avec ou sans Trump, qui s’arrogent le droit de jouer les gendarmes en menaçant du gourdin. Et, même si ces tensions font partie du bluff de part et d’autre, elles rappellent le danger que le système impérialiste de domination fait peser en permanence sur la planète.

Boris SAVIN