Argentine : la gendarmerie de Macri tue

29 Novembre 2017

Le 23 novembre, l’assassinat par la gendarmerie argentine de Rafael Nahuel, un Indien mapuche de 22 ans, a soulevé une forte émotion et déclenché une importante manifestation devant le siège de la présidence, place de Mai à Buenos Aires.

Cet assassinat a eu lieu le jour même de la veillée funèbre de Santiago Maldonado, un sympathisant de la cause des Mapuche, tué le 1er août dernier. Cette fois encore, la gendarmerie s’est livrée à une véritable chasse à l’homme contre des familles d’Indiens mapuche qui occupaient des terres dans le secteur de Villa Mascardi, dans le Río Negro. Elle a également blessé deux hommes et une femme.

De grandes multinationales, notamment Benetton, ont accaparé les terres des Mapuche. Une partie d’entre eux tentent de s’y opposer et trouvent contre eux les forces de répression de l’État argentin, grand défenseur de la propriété privée de la bourgeoisie locale mais aussi des multinationales. Les manifestants qui protestaient contre le nouvel assassinat ont d’ailleurs dénoncé le secrétaire à la Sécurité du président Macri, Eugenio Burzaco, et sa ministre de l’Intérieur, Patricia Bullrich, et exigé le jugement et la condamnation des coupables.

La question de l’assassinat de Maldonado est loin d’être réglée. Son corps a été opportunément retrouvé en pleine campagne électorale, avec pour objectif de réduire la responsabilité de la gendarmerie et des gouvernants dans sa disparition, mais suggère que la gendarmerie savait depuis le début où était son corps.

Maldonado semble s’être noyé mais était-ce parce qu’il tentait d’échapper à la répression, ou parce qu’il a été volontairement noyé par les forces de répression ? Il est difficile de le dire et de le prouver. Ses proches et leur avocat tentent maintenant d’établir ses faits et gestes avant sa mort. Ils restent convaincus que celle-ci a eu lieu un jour de forte répression de la gendarmerie, comparable à celle qui vient de tuer Rafael Nahuel.

Comme pour Maldonado, il y a eu quelques tentatives de brouiller les pistes pour atténuer les responsabilités des gendarmes et du pouvoir. On a suggéré qu’il était plus âgé, que c’était peut-être un délinquant. Mais plusieurs personnes ont témoigné en sa faveur, rappelant qu’il était un jeune ouvrier ayant pris conscience de divers problèmes de la société argentine, dont la cause mapuche. Un nouveau crime d’État qui ne doit pas rester impuni !

Vendredi 1er décembre à 18 h 30, place de la Sorbonne à Paris, le comité Vérité et justice pour Santiago Maldonado et tout le peuple mapuche appelle à un rassemblement contre la répression qui frappe les Mapuche en Argentine et au Chili.

Jacques FONTENOY