PSA Poissy : « On est des ouvriers, pas des voyous »23/11/20172017Journal/medias/journalarticle/images/2017/11/P12_manif_de_soutien_aux_militants_de_PSA_Poissy_C_LO_resultat.jpg.420x236_q85_box-0%2C28%2C800%2C478_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

PSA Poissy : « On est des ouvriers, pas des voyous »

Jeudi 16 novembre, près de 500 militants et travailleurs se sont rassemblés devant le tribunal correctionnel de Versailles pour soutenir les neuf militants CGT de PSA Poissy accusés faussement d’une séquestration de 17 minutes, la plus courte de l’histoire, et de violence psychologique en réunion !

Illustration - « On est des ouvriers, pas des voyous »

Dans ce rassemblement qui dénonçait la volonté de PSA de criminaliser les militants combatifs, près de 80 travailleurs de l’usine ainsi que des délégations venues des autres usines du groupe ont côtoyé des travailleurs de la métallurgie du Nord, de Toyota, de la SNCF, de La Poste, de Renault. Des représentants politiques du PCF, de LO, du NPA et de FI étaient aussi présents, ainsi que Gérard Filoche, le parrain du comité de défense des libertés ouvrières et syndicales à PSA. Tous ceux qui le souhaitaient ont pu prendre la parole durant les deux heures de ce rassemblement.

Le secrétaire de la CGT Poissy ainsi que les autres militants de l’usine ont donné le ton, expliquant que, si le patron mène la lutte de classe de plus en plus violemment, notamment par le biais de ces fausses accusations contre des militants, il n’arrive pas pour autant à leur faire baisser les bras et cesser le combat.

En les envoyant devant la justice, le patron voudrait réduire ces travailleurs au silence, les isoler en les faisant passer pour des voyous. Derrière cela, se cache la crainte des réactions ouvrières. Pour essayer de les empêcher, les patrons s’en prennent aux militants qui peuvent être des points d’appui pour les luttes indispensables contre la dégradation des conditions de travail à laquelle on assiste dans toutes les entreprises, avec comme seul mot d’ordre : plus de travail et de peine pour les travailleurs, pour plus de profits pour les actionnaires.

La guerre sociale menée par les patrons est de plus en plus féroce, car d’elle dépend leur enrichissement. Pour la mener, les patrons ont le soutien des institutions. Et, dans cette affaire, la police et la justice semblent bien au service de PSA.

Au commissariat de police de Conflans-Sainte-Honorine, les neuf militants avaient déjà été traités comme des voyous et maintenus durant neuf heures en garde à vue. Des témoins contradictoires n’ont même pas été convoqués.

Au tribunal, le ton de la procureure était encore plus haineux, qui a osé parler « d’un véritable coup de force » de la part des ouvriers. Ce prétendu coup de force se résume à avoir voulu discuter avec un chef, pour lui reprocher d’avoir mis un travailleur revenant d’arrêt maladie sur un poste qu’il ne pouvait pas tenir pour cause de restriction médicale. Cette défense des conditions de travail d’un ouvrier est même devenue un acte délinquant puisque, comme le cite la presse, elle a déclaré que les prévenus ne se sont pas comportés en syndicalistes mais en délinquants. L’avocat du chef concerné, lui, a estimé que « la violence des propos, la répétition des questions, la présence de ce groupe, l’absence de liberté d’aller et venir a créé un choc psychologique particulièrement important » à celui-ci. Après quoi, la procureure a réclamé cinq mois de prison avec sursis pour les prévenus, et l’avocat du chef soutenu par la direction un total de 30 900 euros de préjudice.

Face à ces réquisitoires à charge, les militants ne se sont pas laissé démonter. Ils savent qu’on les attaque ainsi parce qu’ils gênent la politique de PSA et sa volonté d’exploiter en paix. La direction aura peut-être gain de cause lors du rendu du jugement, le 20 décembre, mais elle a perdu la bataille dans l’atelier, où les militants ne sont ni isolés ni démoralisés.

Partager