Macron : de l’art et des armes

15 Novembre 2017

Les 8 et 9 novembre, Macron est allé faire deux petits tours au Moyen-Orient, en invoquant comme prétexte d’aider à « construire la paix » dans cette partie du globe.

Macron a commencé par inaugurer le Louvre d’Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, vantant les artistes qui « ont cru dans la raison contre l’obscurantisme ». Cela ne l’a pas empêché, le lendemain, d’aller faire une visite surprise à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite, pays pourtant connu pour être un des plus rétrogrades et obscurantistes du Moyen-Orient. Là, les deux hommes ont, toujours selon l’Élysée, « travaillé à apaiser les tensions », notamment avec l’Iran, en vue d’assurer « la stabilité régionale ».

Macron serait donc le représentant d’un pays grand artisan de la paix dans cette partie du monde. Il faudrait être bien naïf pour y croire. Tout comme ses prédécesseurs au poste de président de la République, il n’est que le petit VRP de grandes sociétés françaises telles Thales, Dassault, Veolia, etc., venu présenter sa camelote. Aux Émirats arabes unis, Macron a profité de sa visite pour vendre deux corvettes fabriquées par Naval Group (l’ex-DCNS) et relancer, entre autres, les contrats pour la vente d’A380 d’Airbus ainsi que d’autres contrats avec Veolia ou les chantiers navals normands CMN.

Quant à « construire la paix » au Moyen-Orient en coopération avec l’Arabie saoudite, cela commence par la vente d’armes à ce pays, les contrats se chiffrant en milliards de dollars. Les gouvernements français ne se gênent pas pour exporter des armes vers un pays comme l’Arabie saoudite, qui mène une guerre meurtrière au Yémen.

« Si tu veux la paix, prépare la guerre », disait un adage des Romains de l’Antiquité. Cela se traduit pour les dirigeants français de notre époque par : « Cause toujours de la paix, mais vends surtout des armes. »

Marianne LAMIRAL