Glencore : la brute, le truand et l’exploiteur

15 Novembre 2017

Les révélations sur les fraudes fiscales des groupes capitalistes et des riches ont permis aussi de lever un bout du voile sur la façon dont les multinationales pillent littéralement l’Afrique.

Parmi elles, Glencore est une entreprise spécialisée dans le commerce mondial de matières premières et dans la possession de mines diverses. Aujourd’hui, ce groupe contrôle 50 % du marché mondial du cuivre, 38 % de celui de l’alumine et 45 % de celui du plomb. Les profits sont gigantesques, mais ils ne viennent pas de nulle part, ils sont arrachés aux travailleurs par une exploitation sordide et par des pratiques mafieuses contre les États africains.

Le groupe s’est constitué en passant des arrangements douteux avec des gouvernements comme celui de Mobutu en son temps, ou avec l’Afrique du Sud quand elle subissait un embargo du fait de l’Apartheid. Aujourd’hui, il possède de nombreuses mines comme celle de Perkoa au Burkina Faso, qui produit la majorité du zinc du pays. Pour 77 centimes d’euros de l’heure, les ouvriers sortent le zinc et se détruisent la santé avec les poussières et l’ensemble des produits toxiques utilisés qui polluent aussi les arbres fruitiers des alentours. Mais, malgré cela, la filiale de Glencore qui possède la mine a recours à des machinations fiscales pour ne pas payer les millions d’impôts dus au pays. Il en est de même en Zambie où le groupe devrait à l’État quelque 150 millions d’euros pour l’exploitation des mines de cuivre.

C’est dans ce même secteur que Glencore a aussi sévi en RDC, République démocratique du Congo. En 2008, une de ses filiales possédant déjà de nombreuses mines dans la région du Katanga a voulu acheter une mine à la compagnie étatique Gécamines. Mais jugeant le prix demandé trop élevé, le groupe a mandaté un homme d’affaires, Dan Gertler pour négocier – le personnage, autant aventurier et truand qu’autre chose – s’était constitué une fortune de plus d’un milliard de dollars dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète. Comme il est un ami intime du président Kabila, il a simplement obtenu que le prix de la mine soit divisé par quatre. En échange de quoi il s’est vu octroyer par Glencore un prêt de 45 millions de dollars.

Glencore sévit partout en Afrique. Pour ses multiples affaires et pour échapper au fisc, il se fait aider par un cabinet d’avocats installé aux Bermudes. Avec 107 sociétés offshore, la multinationale arrive ainsi à faire disparaître des millions pour réduire au maximum les impôts acquittés aux pays dans lesquels elle sévit. Une grande partie de ses pratiques sont illégales mais le fond de ses méthodes ne l’est pas. C’est tout simplement le fonctionnement du capitalisme et c’est complètement pourri.

Marion AJAR