Gare du Nord – Paris : les femmes de ménage font condamner les harceleurs

15 Novembre 2017

Vendredi 10 novembre, la société H. Reinier, filiale d’Onet, a été reconnue coupable de harcèlement sexuel et moral par le tribunal des prud’hommes de Paris. Elle a été condamnée à verser des dizaines de milliers d’euros de dommages et intérêts à cinq salariés ou ex-salariés.

Depuis cinq ans, soutenues par une militante syndicale de la SNCF et l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), des salariées de cette entreprise qui effectuent le nettoyage des trains de la gare du Nord s’étaient organisées pour dénoncer les pratiques dont elles étaient victimes. Harcèlement sexuel avec attouchements et gestes obscènes, humiliations, licenciements, racket, rien ne leur a été épargné. Un délégué du personnel, qui avait été le premier à dénoncer les faits, avait été licencié.

H. Reinier a bénéficié du soutien de la direction SNCF de Paris-Nord. En effet, alors que ces pratiques étaient notoirement connues, en particulier suite à des interpellations de délégués cheminots, la SNCF a continué à attribuer régulièrement le marché du nettoyage à cette entreprise.

Ainsi, le 1er novembre encore, H. Reinier s’est également vu attribuer le marché pour le nettoyage de toutes les gares de la ligne H et des lignes B et D nord du RER en Île-de-France.

Mais ces travailleuses ont su trouver le courage de se battre durant des années malgré la peur d’être licenciées et malgré la honte qui est trop souvent du côté des victimes et pas des agresseurs.

Les conclusions d’une enquête réalisée par le Défenseur des droits confirmaient la réalité du harcèlement sexuel. L’avocate de ces travailleuses a démontré que ce harcèlement était un mode de fonctionnement habituel dans l’entreprise H. Reinier.

Ce jugement est donc une victoire contre les harceleurs et leurs complices.

Correspondant LO