COP 23 : ils brassent du vent

15 Novembre 2017

Une nouvelle conférence des Nations unies sur le climat s’est ouverte le 6 novembre à Bonn, en Allemagne, sous la présidence des îles Fidji, cet archipel du Pacifique menacé par la montée du niveau des océans.

À l’occasion de cette COP 23, divers rapports sur la progression du réchauffement climatique sont publiés tandis que les dirigeants politiques de la planète multiplient les promesses de mesures pour l’enrayer.

Les scientifiques confirment l’accélération du réchauffement climatique à cause des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’origine industrielle. Pour le secrétaire général de l’Organisation mondiale de météorologie : « Les trois dernières années ont toutes été des records de température et font partie des années les plus chaudes », ce qui se traduit par « des températures atteignant 50°C en Asie, des ouragans records dans les Caraïbes et l’Atlantique atteignant l’Irlande, des inondations dévastatrices en Asie provoquées par la mousson et des sécheresses incessantes en Afrique de l’Est. » Et bien sûr, les conséquences de ces catastrophes climatiques sont plus désastreuses au Bangladesh qu’en Floride. À Miami ou à Saint-Martin, les riches s’en sortent mieux que les pauvres après le passage d’un cyclone. Selon l’association Oxfam, il y a déjà 20 millions de réfugiés climatiques chaque année dans le monde et leur nombre va augmenter.

Pour limiter le réchauffement à 2°C d’ici 2100, il faudrait réduire de 20 à 30 %, les émissions de CO2 dans les quinze prochaines années. C’est l’objectif affiché de toutes les grand-messes internationales qui se succèdent depuis vingt-cinq ans. Mais, selon le dernier rapport des Nations unies : « L’écart entre les engagements et les objectifs est catastrophique et nous place sur une trajectoire de plus de 3 °C de réchauffement. »

Comment pourrait-il en être autrement ? Il en est de la pollution et du réchauffement climatique comme de l’évasion fiscale ou de la spéculation financière. Ce sont des conséquences d’une économie de marché où chaque capitaliste ne raisonne qu’en fonction de ses intérêts immédiats. La plupart des sources de gaz à effet de serre, les usines, les centrales énergétiques, les moyens de transport, les mines ou la production agricole, appartiennent à des entreprises privées. Aucun chef d’État – et pas seulement Trump qui se distingue par ses postures climatosceptiques – ne veut imposer la moindre mesure coercitive aux industriels dont il représente les intérêts. Les gouvernements leur versent des subventions. Ils font déjà payer à la collectivité les investissements dans les énergies renouvelables. Mais pour enrayer le réchauffement, il faudrait mettre en œuvre tous ces moyens de production de façon rationnelle, coordonnée et planifiée à l’échelle de toute la planète dans le but de satisfaire les besoins de tous.

En 1867, Marx écrivait : « Le capital (…) n’est pas plus influencé dans sa pratique par la perspective de la pourriture de l’humanité et finalement de sa dépopulation, que par la chute possible de la terre sur le soleil. (...) Après moi le déluge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. » On n’évitera pas le déluge sans exproprier les capitalistes et sans renverser les États qui les représentent.

Xavier LACHAU