Alimentation : entre famine et malnutrition

15 Novembre 2017

À l’occasion du sommet mondial sur la nutrition, à Milan, des experts de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou le Programme alimentaire mondial (PAM) ont publié un rapport indiquant que pour la première fois, tous les pays étudiés sont concernés par la malnutrition.

La situation alimentaire s’aggrave, puisque 815 millions de personnes souffrent de la faim au lieu de 777 millions en 2015. Le nombre de femmes atteintes d’anémie a augmenté depuis 2012, avec des conséquences à long terme sur la santé de la mère et de l’enfant. 155 millions d’enfants de moins de 5 ans (23 %) présentent un retard de croissance, essentiellement en Afrique et en Asie, et 52 millions d’entre eux sont atteints de maigreur extrême.

Autre problème alimentaire, le surpoids ou l’obésité concernent 1,9 milliard d’adultes et 41 millions d’enfants de moins de 5 ans, aussi bien dans les pays à fort revenu que dans les autres, mais prioritairement parmi les populations les plus pauvres. Au total, une personne sur trois sur la planète souffre de malnutrition.

Un « programme de développement durable » adopté en septembre 2015 par l’ONU prétendait faire de l’élimination de la faim et de toutes les formes de malnutrition une des principales priorités de la politique internationale pour 2030. Mais selon les experts, l’objectif est hors de portée faute de financements. Seul 0,5 % de l’aide publique au développement est consacré à remédier à la sous-alimentation.

L’économie capitaliste, basée sur les lois du marché, ne permet pas à toute l’humanité de manger à sa faim et correctement. Ce seul fait suffit à la condamner.

Hélène COMTE