Orange : téléphonie ou banque, les actionnaires gagnants

08 Novembre 2017

En s’ouvrant à des activités bancaires, l’opérateur de téléphonie Orange ne change pas d’orientation. Faire de l’argent est déjà sa raison d’être.

« Le principe de cette banque, c’est qu’elle est vraiment gratuite », fanfaronne le PDG d’Orange, Stéphane Richard, dans une interview au Parisien. Mais, en dehors de la délivrance de la carte bancaire, les clients seront ponctionnés, en particulier les plus pauvres : prélèvement de 5 euros chaque fois qu’un client demandera à contacter un conseiller en chair et en os, 5 euros également quand il n’aura pas effectué trois opérations dans le mois, opérations pour lesquelles la banque prélève une commission auprès du commerçant. La banque prendra aussi un taux d’intérêt de 8 % pour un découvert autorisé et facturera 15 euros pour la lettre avertissant d’un dépassement. Bien sûr aussi, les crédits à la consommation accordés assureront la rentabilité de la banque Orange. Même si elle s’efforce de montrer quelques différences, c’est donc bien…une banque, avec la même logique de profit que l’opérateur de téléphonie.

Orange, dont le capital est aux trois quarts privatisé, a réalisé 2,65 milliards de bénéfice net en 2015, 2,93 milliards en 2016 et, cette année, les actionnaires ont déjà reçu plus d’un milliard d’euros en juin, avant une nouvelle distribution de dividendes en décembre. Pendant ce temps, les suppressions d’emplois continuent, malgré les coupes claires déjà effectuées depuis deux décennies. Alors que 16 000 départs sont prévus pour la période 2016-2018 selon la CGT, la direction n’annonce que 7 500 recrutements.

Jean SANDAY