Espagne : entre deux nationalismes, il n’y a pas à choisir

08 Novembre 2017

L’escalade se poursuit entre le gouvernement espagnol et les politiciens nationalistes catalans. Le Premier ministre espagnol, Rajoy, a décidé de poursuivre en justice et menace de faire emprisonner des responsables catalans, à tous les niveaux. Le dirigeant catalaniste Puigdemont, qui ne risquait lui pas grand-chose pourtant, joue la comédie du réfugié politique à Bruxelles.

Aussi grosses et usées que soient les ficelles utilisées par les deux camps, opposés mais complices, elles font des dégâts dans les classes populaires. La propagande nationaliste espagnole utilisée par Rajoy, la droite, l’extrême droite et tous les nostalgiques de Franco, est une façon, vieille comme l’État bourgeois, de contraindre les classes populaires à se ranger derrière ses institutions et derrière le gouvernement. Approuver le nationalisme espagnol ou même simplement ne pas se démarquer de ses discours et de ses actes revient à désarmer les travailleurs face à leurs ennemis. Mais approuver les politiciens bourgeois comme Puigdemont ou même simplement laisser croire que le nationalisme catalan représenterait un espoir pour les travailleurs est tout aussi néfaste. Les travailleurs conscients doivent rejeter les deux nationalismes qui s’alimentent mutuellement. Face aux différents clans ou cliques de la bourgeoisie, les prolétaires d’Espagne ont les mêmes intérêts fondamentaux quels que soient leur religion ou leur pays d’origine.

Les travailleurs n’ont pas à abandonner leur conscience de classe au profit de perroquets nationalistes, aussi beaux parleurs soient-ils, qui ne cherchent leur soutien que pour s’approprier une meilleure part du pouvoir.

En Catalogne, comme dans le reste de la péninsule et comme partout, les travailleurs ont à faire valoir leurs propres intérêts de classe, et ils ne sont pas différents. C’est non seulement la seule voie pour eux, mais c’est même la seule voie pour toute la société. La classe ouvrière n’est ni catalane, ni espagnole, ni d’aucune nationalité, elle est internationale. Dans le conflit qui oppose nationalistes catalans et nationalistes espagnols, elle n’a pas à choisir. Les militants révolutionnaires n’ont à soutenir aucun de ces deux camps nationalistes mais doivent opposer aux uns comme aux autres leur internationalisme. Leur seul camp, c’est celui de la classe ouvrière !

Paul GALOIS