Tiers payant généralisé : repoussé aux calendes grecques ?

25 Octobre 2017

En 2016 le gouvernement Hollande avait instauré la mise en place du tiers payant généralisé, une mesure attendue et espérée par des millions de personnes parmi les plus modestes.

En effet, celles-ci n’auraient plus eu à avancer la part prise en charge par la Sécurité sociale, soit 16,50 euros sur les 25 euros d’une consultation chez un généraliste, ni éventuellement les 7,50 euros pris en charge par leur mutuelle. Cette mesure déjà appliquée pour les maladies prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie devait s’appliquer à l’ensemble de la population à partir du 30 novembre 2017.

Mais Macron pendant sa campagne électorale avait évoqué le fait que le tiers payant soit « généralisable », donc optionnel, au lieu d’être « généralisé », donc obligatoire. Sa ministre de la Santé Agnès Buzyn vient d’annoncer que le tiers payant ne pourrait pas être appliqué le 30 novembre car, dit-elle, « nous ne sommes pas prêts techniquement ».

À l’annonce de la loi sur le tiers payant, de nombreux médecins avaient protesté contre cette mesure. Certains avaient utilisé des arguments révélateurs de leurs préjugés en expliquant par exemple que « la médecine ça se paye » et qu’il faut « responsabiliser » les malades. D’autres médecins, notamment dans les quartiers populaires ou les campagnes, n’étaient pas contre le tiers payant mais rejetaient une réforme dont ils craignaient un surcroît de travail et des retards de payement. Face à cette fronde, la ministre Marisol Touraine s’était donné le beau rôle de façon démagogique, en accusant tous les médecins de refuser une mesure en faveur des plus pauvres pour défendre une médecine à deux vitesses.

Aujourd’hui en repoussant l’instauration du tiers payant et en n’en faisant plus une mesure obligatoire, avant peut-être même de l’enterrer définitivement, Macron et le gouvernement ne font qu’appliquer, au domaine de la santé, l’austérité qu’ils veulent imposer à toute la population.

Cédric DUVAL