Lycée Dorian-Paris : contre la suppression de deux emplois aidés

25 Octobre 2017

Au lycée Dorian, dans le 11e arrondissement de Paris, jeudi 19 octobre au soir, à la veille des vacances scolaires, est tombée une sinistre annonce : le contrat de deux collègues en contrat unique d’insertion (CUI) ne serait pas renouvelé, au 31 octobre.

Ces deux collègues venaient de l’apprendre peu de temps auparavant. Ils exercent tous deux depuis 2013 dans l’établissement, l’une au secrétariat et au suivi des dossiers des élèves, l’autre est chargé de l’accueil à l’entrée de l’établissement. À 55 et à 60 ans, le rectorat leur indique d’aller à Pôle emploi.

Rien ne leur est reproché, mais leur emploi est tombé sous le couperet de la décision gouvernementale de supprimer 150 000 emplois aidés en 2017. Leurs 600 à 700 euros de salaire mensuel – les CUI sont au smic et à mi-temps – représentent l’offrande sacrificielle que l’établissement doit fournir cette année aux 3,2 milliards d’euros de suppression de l’ISF et autres cadeaux fiscaux aux milliardaires.

Dès l’annonce, une première assemblée a été improvisée le vendredi matin. Devant quarante participants, les deux collègues présents pour leur dernière journée dans l’établissement disent leur volonté de ne pas perdre leur emploi. La réaction a été l’indignation. C’est du « perdant-perdant », a résumé quelqu’un, « nos collègues perdent leur salaire et leur emploi. Le lycée perd deux emplois indispensables à son fonctionnement. »

La grève immédiate a été votée et la décision prise de se retrouver en assemblée générale le jour de la rentrée et de mettre à profit l’après-midi pour organiser la réaction.

Au pot de départ organisé par le proviseur afin, avait-il dit, que les collègues « ne puissent pas nous quitter comme cela », les grévistes ont déclaré qu’il s’agissait pour eux « d’un pot de solidarité, ajoutant que la mobilisation commence pour que Rachid et Caroline puissent rester parmi nous. ».

Entretemps, la nouvelle a fait le tour de l’établissement. Parmi les élèves, choqués et en colère, plusieurs se sont dit prêts à se mobiliser dès la rentrée avec le personnel. L’information a circulé par plusieurs canaux et les associations de parents d’élèves, contactées, ont assuré de leur soutien.

La salle des professeurs est un atelier bourdonnant d’activité l’après-midi. Banderole, tracts, communiqué à la presse, lettre au rectorat, sont confectionnés.

Une assemblée a été prévue le jour de la rentrée à midi le lundi 6 novembre, pour décider de la suite.

Correspondant LO