Routiers : patronat et gouvernement ont dû reculer

11 Octobre 2017

Jeudi 28 septembre, les organisations syndicales des routiers étaient reçues au ministère des Transports en présence des représentants du patronat du secteur.

Elles demandaient que les dispositions des ordonnances ne s’appliquent pas dans la profession, en particulier qu’il ne puisse pas y avoir de reculs négociés entreprise par entreprise.

C’était la suite du mouvement lancé par la CGT et FO transport. Non seulement les demandes des syndicats n’étaient absolument pas prises en compte ; pire, ils apprenaient que les primes diverses qui viennent compléter le salaire, y compris les primes de déplacement, entreraient dans les négociations entreprise par entreprise, et donc pourraient être remises en cause. Cela aurait pu aller jusqu’à 1 200 euros par mois de baisse sur les salaires.

Les syndicats, au sortir de cette réunion, se déclaraient effarés par l’arrogance de leurs interlocuteurs. Finalement, le 4 octobre, lors de la réunion suivante, le camp gouvernement-patronat fai­sait machine arrière. Les primes de toute nature que touchent les routiers étaient confirmées. Aucun accord d’entreprise ne pourrait les remettre en cause. Les ordonnances Macron ne s’appliqueraient donc pas dans le transport routier.

Bien sûr, la volonté du gouvernement d’offrir au patronat les moyens légaux de s’attaquer aux travailleurs n’a pas disparu, pas plus que l’envie du patronat de diminuer ce qu’il concède à ses salariés. Mais on doit constater que ces gens ont reculé devant la perspective d’un affrontement direct possible avec les travailleurs. D’autant que dans le contexte actuel, nul ne peut savoir les conséquences de l’entrée en lutte déterminée d’une partie de la classe ouvrière.

Cela ramène à sa juste valeur les roulements d’épaules de Macron et des siens, comme les déclarations arrogantes du patronat. Le gouvernement serait bien incapable de résister à une mobilisation en massive des travailleurs.

Cela doit conforter tous les travailleurs dans l’idée non seulement qu’il faut, mais qu’il est possible d’obtenir la garantie de leurs droits élémentaires, et même bien plus, par l’action unie du plus grand nombre.

Paul SOREL