Renault – Flins : une grève peut changer bien des choses

11 Octobre 2017

Mercredi 4 octobre, excédés, la plupart des travailleurs de l’équipe du matin du secteur LA de l’usine Renault de Flins se sont mis en grève. C’est un atelier d’une soixantaine de travailleurs sur trois équipes où sont fabriquées les pièces de rechange pour les véhicules accidentés et des pièces comme les carters de batterie pour la voiture électrique. Il fournit des pièces pour plusieurs usines.

Depuis des années, la direction n’y fait aucun investissement pour améliorer les conditions de travail ou les machines. L’atelier est très sale et désuet, on se croirait dans une usine des années 1950. Des travailleurs avaient signalé les problèmes à de nombreuses reprises, mais la direction s’en moquait. Ainsi le produit chimique des bains de la cataphorèse coulait parfois sur les vêtements, puis sur la peau des travailleurs qui sortaient les pièces, alors que l’emballage de ce produit indique qu’il est fortement toxique. Les émanations de fumées n’étaient pas aspirées. Il y a eu cinq départs d’incendie sur une vieille machine dont le remplacement, prévu l’été dernier, a été ajourné une fois de plus. Plusieurs autres machines, hors normes de sécurité, pouvaient être ouvertes en fonctionnement, etc.

Les cadres ont refusé de recevoir les travailleurs en grève, car ils étaient préoccupés par une panne en peinture. Le lendemain, 5 octobre, les grévistes ont utilisé cette fois leur droit de retrait en listant... 19 problèmes de sécurité inacceptables ! Et, à la surprise de la direction, ceux qui avaient cessé le travail le matin ont été rejoints par tous les travailleurs en CDI de l’équipe d’après-midi, et même ensuite par quelques travailleurs de nuit.

C’est seulement là, la production de l’atelier étant interrompue, que la direction a pris les choses au sérieux. On a vu la différence ! Dès le début de l’après-midi, la direction a fait faire des travaux et apporter des matériels pour remédier aux problèmes : machine à aspirer les fumées mobiles, tapis aspirant, signalisation des extincteurs... Certains travailleurs n’en croyaient pas leurs yeux. La direction locale était en fait paniquée à l’idée d’arrêter plusieurs usines.

Pour faire reprendre le travail, elle a réuni le CHSCT à 6 heures du matin pour annoncer qu’elle réglerait tous les problèmes signalés. Chose inédite, la réunion s’est tenue en présence des travailleurs concernés et la direction leur a même demandé un délai pour faire le nécessaire. Les travailleurs mobilisés ont accepté, tout en précisant qu’ils ne lui faisaient pas confiance et que, pour maintenir la pression, ils donnaient rendez-vous le 17 octobre afin de faire le point.

Une mobilisation collective peut changer les choses, très vite, à commencer par l’attitude des responsables, et ne serait-ce qu’à l’échelle d’un petit secteur.

Correspondant LO