ISF : l’argent ne fait pas le bonheur des pauvres

11 Octobre 2017

Pour justifier la fin de l’impôt sur la fortune, la baisse de l’impôt sur le capital et autres cadeaux aux superriches, le ministre de l’Économie Le Maire a parlé « d’aider ceux qui prennent des risques ».

Interrogé lundi 9 octobre sur France Inter, le ministre a raconté à nouveau la fable de possédants qui, une fois libérés d’un impôt écrasant, investiraient alors leurs capitaux dans l’innovation et créeraient ainsi des emplois.

Pourtant, les dizaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux annuels faits ces dernières années aux grandes entreprises n’ont pas servi à créer un seul emploi. Ils ont en revanche permis d’accroître les profits et, surtout, d’augmenter les dividendes versés aux actionnaires. Depuis longtemps, de l’argent frais a été distribué aux riches, qui étaient censés l’utiliser pour créer des emplois. Avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui : les fortunes augmentent sans que le chômage diminue.

Ça ne fait rien, un Bruno Le Maire n’en soutient pas moins mordicus que l’argent laissé aux riches par la suppression de l’ISF leur permettra d’investir, créant des retombées positives pour toute la société. Faut-il aller les chercher du côté des professionnels des chevaux de course et des yachts de luxe ? Inquiets d’un éventuel maintien de l’impôt sur ces nobles occupations, ceux-ci affirment que les dépenses somptuaires des milliardaires créent des emplois. 180 000 personnes seraient occupées par les activités équestres, tous genres confondus. La seule activité liée aux yachts de plus de 30 mètres dégagerait en France un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros et emploierait près de 20 000 personnes.

Autrement dit, enrichir les capitalistes serait prometteur de créations d’emplois de gardiens de yachts, de palefreniers ou de tondeurs de chiens. C’est oublier de dire combien d’hôpitaux pourraient être construits, combien d’emplois utiles pourraient être créés avec ces milliards.

Paul GALOIS