Intérimaires fichés : le mépris s’ajoute à l’exploitation

11 Octobre 2017

« Vicieux », « big, big boulet », « mou du genou », « branleurs » : ces commentaires insultants sont issus d’un fichier d’intérimaires de la plate-forme logistique Leroy-Merlin de Valence, dans la Drôme.

Le fichier était accessible sur l’Intranet de l’entreprise, et a été rendu public par la CGT. Face à l’indignation provoquée, la direction locale a assuré n’y être pour rien et celle du groupe promet de mener l’enquête pour retrouver et sanctionner les auteurs de ces remarques.

La direction n’a peut-être pas commandité ces remarques et c’est peut-être à un échelon intermédiaire qu’un ou plusieurs responsables se sont laissés aller à étaler leur mépris. Mais l’arrogance, le mépris de classe qu’ils expriment sont communs dans le monde patronal, même si un avocat du travail soulignait : « Ce genre d’appréciations sont communes, elles ne sont simplement pas exprimées publiquement, et encore moins écrites, ce serait illégal. »

En mai 2013, c’est un cadre de l’entreprise de messagerie FedEx qui avait révélé l’existence d’un fichier informatique recensant une cinquantaine de salariés jugés « à problème » avec des commentaires du même genre. Il avait d’ailleurs été licencié pour avoir dénoncé ces pratiques !

Le patronat mène la guerre aux travailleurs pour assurer ses profits. Dans toutes les entreprises, cela se traduit par une augmentation de l’exploitation, avec rythmes insoutenables, chasse aux pauses et aux temps morts… Un vrai mépris pour la vie et la santé des travailleurs, qui s’accompagne parfois de propos offensants. D’autant que, pour tous ces chefs et patrons grossiers, l’exemple vient d’en haut, avec un Macron exprimant régulièrement, en termes tout aussi choisis, ce qu’il pense des travailleurs.

Nadia CANTALE