Hôpital Henry-Gabrielle – Lyon : les affaires avant la santé

11 Octobre 2017

Depuis des années, la politique des différents gouvernements consiste à fermer les petits établissements hospitaliers jugés insuffisamment rentables.

C’est aussi l’occasion, pour les Hospices civils de Lyon (HCL), de vendre des terrains et des bâtiments très bien situés pour des opérations immobilières profitables, comme la transformation en pôle hôtelier ou commercial de luxe. Ces ventes contribuent également au remboursement d’une partie de la dette, contractée auprès des banques, qui s’élève pour les HCL à plus de 800 millions.

Après d’autres établissements faisant partie des HCL, l’hôpital Henry-Gabrielle devrait fermer d’ici 2021. Cet hôpital est entièrement consacré à la rééducation de malades lourdement handicapés. Situé en périphérie de Lyon, il possède un immense parc très apprécié des patients et de leurs familles et qui fait partie intégrante de la rééducation, d’autant plus que l’hospitalisation peut durer plusieurs années pour certains patients polyhandicapés.

Depuis un an, à l’initiative de la CGT, un comité de défense de patients se bat pour maintenir son implantation sur le site existant, avec comme porte-parole une jeune femme en fauteuil. Vendredi 6 octobre, il organisait un pique-nique pour fêter un an d’existence. Manifestation qui n’a pas eu l’heur de plaire à la direction, qui a fait pression sur le personnel et les patients pour qu’ils n’y participent pas, ce qui n’a pas empêché certains d’entre eux d’y assister quand même.

Pendant une année, ce comité s’est adressé à la population de la Métropole de Lyon. Il a aussi interpellé tous les politiques, en particulier Gérard ­Collomb, alors maire de Lyon et président du conseil de surveillance des HCL. Celui-ci a toujours soutenu le projet de fermeture et de transfert d’Henry-Gabrielle vers un autre établissement, complètement sourd aux arguments des malades handicapés.

Un représentant de la fédération CGT santé était présent pour soutenir la lutte du comité, souhaitant organiser la lutte avec d’autres hôpitaux menacés de fermeture et de transfert. Ainsi, celui de Garches en région parisienne s’occupe lui aussi de la rééducation d’adultes, mais aussi d’enfants polyhandicapés, dans un cadre équivalent à celui de Lyon. La secrétaire CGT de cet établissement avait fait aussi le déplacement.

Le démantèlement des hôpitaux, qui se poursuit depuis des années, est mené au bénéfice du monde des affaires et au détriment des intérêts des patients comme des soignants. Il faut le combattre et le stopper.

Correspondant LO