Économie : quelle reprise et pour qui ?

11 Octobre 2017

Selon l’Insee, l’Institut national de la statistique et des études économiques, le baromètre de l’économie mondiale de même que celui de l’économie française vireraient au beau fixe.

« Le deuxième trimestre 2017 a globalement confirmé la solidité de l’économie mondiale », affirme l’officine dans sa dernière note de conjoncture. Quant à l’économie française, « elle a progressé de 0,5 % pour le troisième trimestre consécutif. La production manufacturière a augmenté comme prévu, en ligne avec le niveau élevé du climat des affaires ».

Graphiques et chiffres à l’appui, la note souligne que ce climat des affaires est très favorable dans la zone euro et que notamment en France il est au plus haut depuis 2011. Elle envisage que « d’ici la fin de l’année, l’activité continuerait à progresser vigoureusement, et ce dans tous les secteurs d’activité ». Et de prévoir une augmentation du PIB de 1,8 % pour 2017, au lieu des 1,6 % initialement prévus.

Tout irait donc mieux, si on en croit les oracles de la statistique, mais pour qui ?

En termes alambiqués – « l’enrichissement de la croissance en emploi sera nul d’ici la fin de l’année » –, la note de l’Insee atteste que le chômage n’est pas près de diminuer. L’institut prévoit que le nombre d’emplois créés en 2017 sera encore inférieur à celui de 2016, conséquence de la suppression des emplois aidés et confirmation, s’il en fallait, que les dizaines de milliards offerts aux entreprises au titre du CICE ont directement garni leurs comptes en banque sans créer les emplois promis. Quant au pouvoir d’achat des salariés, et donc à la consommation des ménages, l’Insee prévoit qu’ils devraient ralentir en 2017.

Il n’y a rien de bien neuf dans cette note. Non, la crise n’est pas terminée, non, il n’y a pas même d’embellie. La seule reprise qu’on peut noter est celle des profits et de la masse des dividendes distribués aux actionnaires grâce à l’augmentation de l’exploitation.

Sophie GARGAN