Des travailleurs de la sous-traitance se rebiffent

11 Octobre 2017

À l’usine de Sochaux, pour faire plus de profits, PSA a sous-traité depuis quelques mois déjà la préparation des pièces à livrer en chaînes à la société ISS.

Vendredi 29 septembre, la direction d’ISS a tenté de faire signer un avenant au contrat de travail aux ouvriers de l’équipe du vendredi-samedi-dimanche (VSD), sous prétexte d’une erreur de 69 euros en trop dans le calcul de la paie. Cela a mis en colère une petite dizaine d’ouvriers, intérimaires et embauchés, dans l’un des secteurs de production du montage.

Ceux-ci ont débrayé deux heures et paralysé pendant plus d’une heure la production PSA. La direction d’ISS a tenté en vain de leur faire reprendre le travail en prétendant, après coup, que ce n’était que la régularisation d’une erreur sur le calcul de leur paie. Et quand la direction du montage de Sochaux a tenté à son tour de leur faire reprendre le travail en déclarant que PSA allait perdre des voitures et des milliers d’euros, la colère des grévistes n’a fait qu’augmenter. Au final, les grévistes ont obtenu que tous les avenants soient déchirés sous leurs yeux, ainsi que le paiement des deux heures de grève. Et, puisque les dires de la direction PSA du montage confirmaient que leur travail rapporte des milliers d’euros, ils ont demandé une augmentation de salaire de 100 euros par mois.

Ce n’était pas fini pour la société ISS puisque, dans la nuit du 4 au 5 octobre, treize ouvriers sur quinze, dont des intérimaires, d’une équipe de l’atelier de production des portes ont débrayé à leur tour pour protester contre leurs conditions de travail. La préparation des pièces pour alimenter les chaînes de production leur fait faire plus de 20 kilomètres chaque nuit, au pas de course. Dans l’équipe en question, les ouvriers ont tenu à exprimer leur ras-le-bol du sous-effectif criant et aussi du comportement autoritaire de leur chef, stressé à cause des lacunes que la direction d’ISS lui fait supporter aussi. Après avoir dit leur fait à la direction d’ISS et à celle de l’atelier du montage de PSA, tous ont repris le travail peu avant la fin de poste de nuit.

ISS est une société de services aux entreprises et aux collectivités, et une filiale d’un groupe qui compte 500 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros réalisé dans plus de 77 pays. Pour leurs profits, PSA et ISS ont rogné sur les salaires, les conditions de travail. Les travailleurs d’ISS sont en permanence sous tension et ces premières manifestations de colère ne sont peut-être pas les dernières. Cela au moins, PSA et ISS ne l’auront pas volé !

Correspondant LO