10 octobre : une mobilisation réussie

11 Octobre 2017

Mardi 10 octobre, à l’appel des syndicats de fonctionnaires, plus d’une centaine de manifestations ont eu lieu dans différentes villes du pays. Selon les syndicats, 400 000 personnes ont ainsi manifesté pour exprimer leur mécontentement, un chiffre comparable à celui des manifestations du 12 septembre qui ont concerné surtout le secteur privé.

La majorité des manifestants était des fonctionnaires : enseignants, hospitaliers, territoriaux, qui protestaient contre le gel du point d’indice et les différentes attaques qui les concernent directement. Tous étaient d’accord pour dénoncer non seulement les mesures visant à diminuer leurs rémunérations, mais les 120 000 suppressions de postes prévues par le gouvernement alors que déjà depuis des années des milliers d’autres suppressions d’emplois ont aggravé la situation dans les services publics.

Dans bien des villes, grandes ou petites, des écoles étaient fermées, des bureaux de poste touchés par la grève, des hôpitaux mobilisés contre le manque d’effectifs qui rend la situation bien souvent dramatique pour tous les salariés du secteur. Ils étaient 5 000 à Rennes, 8 000 à Toulouse, Lyon et Marseille.

Les cortèges de fonctionnaires ont été rejoints par des lycéens ou des étudiants ainsi que des salariés du privé. À Alençon, les pompiers ont pris part à la manifestation pour dénoncer leur budget en baisse, le non-remplacement des agents de catégorie C et donc des secours de moins en moins en situation de pouvoir intervenir correctement. Au Havre et à Cherbourg, les dockers étaient présents aussi. À Paris, des cortèges de la RATP, de la SNCF, mais aussi quelques travailleurs de Sanofi, PSA, Renault ont participé à cette manifestation.

Au-delà des attaques spécifiques, tous les salariés sentent bien que, si les ordonnances Macron visent ceux du privé, le gouvernement a comme objectif de faire reculer l’ensemble des travailleurs. Tous ceux qui ont participé à ces mobilisations peuvent se féliciter de la réussite de cette journée. Ces rassemblements ont été aussi pour beaucoup l’occasion de discuter de la question principale : comment aller vers une lutte d’ensemble pour faire reculer gouvernement et patronat. En tout état de cause, la journée du 10 octobre, comme celles qui l’ont précédée, ne doit pas rester sans lendemain.

Marion AJAR