Yémen : la guerre du pouvoir saoudien et de ses soutiens impérialistes

04 Octobre 2017

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a décidé le 29 septembre l’envoi d’experts internationaux au Yémen pour constater les violations des droits de l’homme et en désigner les responsables.

Cela vient bien tard, alors que depuis trois ans la population du Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est victime de la guerre opposant les forces soutenant le président Abd Rabo Mansour Hadi aux rebelles houthistes et partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh. Depuis mars 2015, l’Arabie saoudite intervient à la tête d’une coalition militaire regroupant plusieurs pays arabes, l’Égypte, le Soudan, le Maroc, la Jordanie, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït, pour rétablir l’autorité du président Hadi. C’est une guerre particulièrement meurtrière : chaque semaine, l’Arabie saoudite bombarde indifféremment des positions militaires aussi bien que des infrastructures publiques, hôpitaux, écoles.

On compte déjà près de 10 000 morts et 49 000 blessés. Sur les 27 millions d’habitants, 17 sont démunis de tout du fait du chaos engendré par ce conflit, au bord de la famine, sans parler de l’épidémie de choléra qui découle aussi de cette extrême précarité. L’épidémie s’est déclarée en avril dernier. Elle a fait déjà 2 100 morts et touché trois cent mille personnes. Elle pourrait en affecter près d’un million d’ici la fin de l’année, d’après le comité international de la Croix-Rouge.

C’est suite aux mobilisations dites du « printemps arabe » en 2011 contestant le pouvoir du dictateur de l’époque, Ali Abdallah Saleh, que l’Arabie saoudite et les États-Unis ont voulu mettre en place un pouvoir de rechange. Ils placèrent en coulisse une nouvelle dictature, celle du numéro deux du précédent régime, Abd Rabbo Mansour Hadi, pour éviter la contagion et tenter de maintenir une certaine stabilité. Mais c’est tout le contraire qui s’est produit.

Le nouveau pouvoir fut en effet déstabilisé par une rébellion qu’il avait tenté de mater, celle des houthistes. Après s’être rendues maîtresses du nord du pays, leurs milices arrivèrent jusqu’à la capitale, Sanaa, finirent par s’entendre avec une partie de l’armée liée au précédent dictateur Saleh et contraignirent Hadi à se réfugier en Arabie saoudite.

Depuis, l’Arabie saoudite cherche à maintenir à tout prix ce pouvoir qu’elle a contribué à mettre en place, soutenue en cela par les puissances impérialistes, États-Unis, Grande-Bretagne et France, qui lui fournissent l’aide technique, pour le plus grand bonheur des industriels de l’armement. Mais le conflit continue de s’enliser. Et des groupes djihadistes, ceux d’al-Qaida ou de Daech, en profitent pour se développer.

Comme à chaque fois, les interventions de l’impérialisme, directes ou par puissance régionale interposée, n’entraînent que souffrances pour la population et chaos dans toute une région.

Aline RETESSE