Renault – Douai : moins de voitures, mais pas moins de travail !

04 Octobre 2017

Les modèles dits haut de gamme produits à l’usine Renault de Douai se vendent moins. La direction a décidé d’en diminuer la production de 25 % à partir du 20 novembre.

Mais pas question d’en profiter pour baisser les cadences et diminuer la fatigue du personnel, au contraire. La folle cadence actuelle est de 60 véhicules à l’heure. Elle sera maintenue pour l’une des deux équipes.

Pour l’autre équipe, la cadence passera à 30 véhicules à l’heure. Deux fois moins de travail ? Eh bien non ! Ce sera moins de travailleurs et davantage d’opérations à réaliser pour ceux qui resteront. Par exemple, à 60 véhicules/heure, un travailleur monte les filtres à air. À 30 véhicules/heure, il montera en plus les bacs batterie ou autres.

Le directeur de la communication parle pudiquement d’ajustements des effectifs, pour ne pas dire licenciements, d’une partie des 1 500 intérimaires, sur chaîne en majorité. Des centaines d’entre eux craignent de se retrouver bientôt sur le carreau, sans salaire.

Des syndicats comme FO et la CFDT n’y font même pas allusion. Ils se lancent dans des argumentaires commerciaux sur l’insuffisance de la publicité de Renault pour ses modèles haut de gamme. Et rien sur les profits de Renault et son choix de jeter à la rue des centaines de jeunes, et de surexploiter ceux qui resteront pour maintenir les profits…

Quand Renault et tous les capitalistes parlent de flexibilité et de liberté, c’est de cela qu’il s’agit : pouvoir prendre ou jeter les travailleurs à leur guise, au gré des intérêts des actionnaires.

Correspondant LO