Hôpitaux : nouvelles technologies et vieux maux

04 Octobre 2017

On assiste actuellement à l’installation dans un certain nombre d’hôpitaux de systèmes automatiques de gestion de l’absentéisme, qui est en très forte hausse dans tous les établissements.

L’un de ces systèmes s’appelle Whoog, du nom de la société qui en est à l’origine. Cette application est en vigueur dans un certain nombre de centres hospitaliers tels que ceux de Montpellier, Saint-Étienne, Blois ou Tours.

Whoog se présente comme « une solution de gestion des remplacements du personnel » basée en principe sur le volontariat. Elle permet à des volontaires de s’inscrire pour travailler en plus de leurs horaires, avec l’idée d’améliorer leur situation par le paiement d’heures supplémentaires. Reste à savoir dans quelle mesure. Car la charte signée par chaque volontaire précise que, si les heures effectuées dans un autre pôle que le sien seront rémunérées, par contre, à l’intérieur du même pôle, seules les heures effectuées en week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires seront payées. En semaine, elles seront récupérées.

D’après ses initiateurs et les autorités hospitalières intéressées à l’affaire, finies les heures passées au téléphone par les cadres des services pour trouver des remplaçants, finies les pressions exercées sur les agents à qui on demande au pied levé un remplacement, y compris dans un service différent et où bien des choses ne leur sont pas familières. Tout se passerait désormais dans le respect des règles de gestion du temps de travail et de repos... Ben voyons !

En réalité, un tel système valide le sous-effectif criant des agents et le flux tendu de l’organisation du travail dans tous les établissements. De plus, il fait porter la responsabilité des remplacements sur les agents inscrits sur la plateforme. Ils gèrent eux-mêmes leur planning de remplacement et font ainsi gratuitement le travail que les cadres faisaient avant.

Remplacer du personnel malade d’épuisement par des agents déjà surchargés de travail, même volontaires, n’a rien à voir avec le progrès. L’administration hospitalière organise la pénurie de personnel pour répondre aux exigences d’économies imposées par les gouvernants, et elle sert la soupe à des sociétés privées qui trouvent encore là le moyen de faire leur beurre.

Correspondant LO