Banques : faire du profit avec la misère

04 Octobre 2017

Les banques facturent au prix fort de plus en plus d’opérations. La saisie sur compte est l’une de celles où cette hausse bat des records, au détriment de gens déjà en difficulté.

En effet leur principal motif de déclenchement est le remboursement d’un trop-perçu de RSA. Les banques bloquent alors les comptes pendant quinze jours ouvrables, sous prétexte de calculer le solde effectivement disponible.

Contrairement aux saisies sur salaire, les saisies sur compte génèrent des frais bancaires, et ceux-ci tournent au racket. La BNP Paribas les facture ainsi 130 euros en 2017 contre 107 euros en 2016, la Société générale 111 euros ou la Banque postale 100 euros. Pour ces banques, les saisies sont une bonne affaire. Les 2,5 millions d’avis à tiers détenteurs (le nom officiel des saisies) émis chaque année, leur rapportent 250 millions d’euros.

Les banques hésitent d’autant moins à faire monter l’addition qu’il s’agit de clients qui ne les intéressent pas. Elles se servent même sur la partie du compte qui devrait y être laissée pour permettre au titulaire de vivre, ce que l’on appelle le solde bancaire insaisissable, et qui se monte à 545 euros. Le fait que la loi les y autorise, puisqu’il s’agit de frais et non d’une saisie supplémentaire, ne rend pas cette pratique moins scandaleuse.

Daniel MESCLA