Toys’R’us, Lego : des milliers d’emplois en jeu

27 Septembre 2017

Lundi 18 septembre, l’enseigne de jouets Toys’R’us a été déclarée en faillite aux États-Unis. Cela ne signifie pas pour autant l’arrêt de ses activités selon la loi américaine. Mais c’est une menace qui pèse sur les 64 000 travailleurs du groupe, car cette mise en faillite va s’accompagner d’un plan de restructuration avec l’annonce de la fermeture d’une partie des 1 600 magasins implantés à travers le monde.

Les dirigeants de l’enseigne mettent en cause la concurrence des ventes sur Internet et en particulier celle d’Amazon. Il est certain que les capitalistes du jouet ne se font pas de cadeaux et qu’entre eux la concurrence est rude comme dans tous les secteurs. Mais Internet n’est qu’un outil de plus dans la guerre sans répit que les capitalistes se livrent entre eux.

La mise en faillite de Toys’R’us s’explique aussi par l’ampleur de l’endettement de l’enseigne auprès de ses créanciers : cinq milliards de dollars pour 11,5 milliards de chiffre d’affaires. Et cet endettement découle du rachat de l’enseigne en 2005 par deux fonds d’investissement, KKR et Bain Capital pour 6,6 milliards de dollars, grâce à un montage financier permettant aux deux fonds de ne pas débourser un centime, en empruntant 100 % de la somme et en faisant supporter 100 % des remboursements, intérêts compris, à l’entreprise rachetée.

Et c’est aux travailleurs de l’entreprise que ces vautours ont présenté la note et vont la présenter à nouveau en fermant des magasins et en licenciant. Ces vagues de licenciements ne touchent d’ailleurs pas que les enseignes mais aussi les fabricants de jouets. Ainsi Lego vient d’annoncer le licenciement de 1 400 travailleurs soit 8 % de ses effectifs.

Philippe Logier