Solvay - BASF : un Monopoly à coups de milliards

27 Septembre 2017

Mardi 19 septembre, les groupes de chimie Solvay et BASF annonçaient que le premier vendait au second ses activités polyamides (dont le célèbre Nylon), avec douze usines dans le monde, pour 1,6 milliard d’euros, le double du prix estimé par les spécialistes.

C’est une nouvelle opération dans laquelle de très gros capitalistes brassent des sommes importantes. Solvay, 30 000 salariés dans le monde, a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 10,9 milliards d’euros et un profit brut record de 2,3 milliards, qui en font l’un des groupes de la chimie les plus rentables au niveau mondial. La branche Polyamide, ce sont 2 500 salariés, dont 1 346 en France, qui seront transférés. BASF emploie 113 000 salariés, a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 57,55 milliards d’euros et un profit de 7,6 milliards d’euros.

La presse souligne que le secteur de la chimie a été très représenté dans ces opérations de cessions et acquisitions depuis dix ans. Solvay en a engagé une quarantaine. Ce furent les acquisitions de Rhodia en 2011, de Chemlogics en 2013, de Cytec (aéronautique) en 2015, pour un total de près de dix milliards d’euros. Côté cessions, il y a eu celle de l’activité PVC pour 335 millions d’euros en 2016 et, la même année, celle de Acetow (filtres cigarettes) racheté par Blackstone, le plus gros fonds d’investissement au monde.

De son côté, BASF, qui était le n°1 mondial de la chimie jusqu’au 1er septembre dernier, a acquis le secteur peintures de AkzoNobel pour 475 millions d’euros, une filiale du trust Albemarle pour les traitements de surface pour 3,2 milliards d’euros.

Les travailleurs qui sont concernés par la vente de l’activité polyamides n’ont guère envie de faire confiance à la direction qui leur dit en substance, ne vous inquiétez pas, vous êtes vendus à un très gros groupe : votre avenir est assuré. D’autant que le patron de BASF déclare que l’avenir des sites sera décidé au moment d’un « plan d’intégration mis en place une fois l’acquisition bouclée ».

Les sites de production concernés en France sont les ex-usines Rhodia de Chalampé (Alsace), de Saint-Fons-Belle-Etoile (Rhône), de Valence (Drôme) et de Roussillon (Isère). Mais il y a aussi toutes les activités recherche, ingénierie et fonctions support dans la région lyonnaise. Pour l’instant, ce sont surtout ces derniers salariés qui sont inquiets car ils savent bien que les rachats et fusions d’entreprises sont toujours suivis de suppressions d’emplois sous prétexte de doublons.

Mais que ce soit avec des patrons allemands ou franco-belges, la seule garantie pour les travailleurs de conserver leur emploi sera, si la vente se concretise en 2018, leur vigilance et leur mobilisation.

Correspondant LO