Prisons surpeuplées : l’État mis en cause

27 Septembre 2017

Quatre détenus de la prison de Nîmes poursuivent l’État en justice, en la personne du préfet du Gard, pour une mise en danger de la vie d’autrui due à la surpopulation carcérale.

À l’échelle du pays, huit maisons d’arrêt sur dix sont surpeuplées, avec une densité moyenne de 140 %. Mais celle de Nîmes fait partie des pires. Avec environ 400 détenus pour 190 places, la densité y dépasse les 200 %, ce qui conduit à entasser trois, voire quatre personnes dans une cellule de 9 mètres carrés. Cette situation « expose les détenus et le personnel à un risque immédiat de mort ou de blessures », dénonce l’avocate des plaignants, plus particulièrement quand des gens atteints de pathologies mentales se retrouvent au contact de personnes vulnérables, ou des jeunes qui sont victimes de viols. « Quand on est incarcéré dans des conditions où on vous ôte toute dignité humaine (…), comment voulez-vous quà la sortie de la maison darrêt nous nayons pas des fous furieux en puissance ? », poursuit-elle.

Mais de cela, comme de la surpopulation carcérale, les pouvoirs publics n’en ont cure. Cela fait des années que des associations ou même des observateurs nommés par le gouvernement crient au scandale, et la sitation ne cesse d’empirer. Le cri d’alarme lancé par les détenus et leur avocate a peu de chances d’aboutir, mais leur démarche met en évidence la responsabilité de l’État dans cette situation.

Marianne LAMIRAL