Interruption volontaire de grossesse : un droit à conquérir

27 Septembre 2017

« Avortement en Europe, les femmes décident ! » C’est le mot d’ordre de l’appel lancé par un collectif d’associations féministes pour faire du 28 septembre une journée de mobilisation pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans toute l’Europe.

Ce droit de mettre fin à une grossesse non désirée, c’est-à-dire de choisir de mettre au monde ou pas un enfant est, ou plutôt devrait être, une liberté fondamentale. Il n’en est rien à l’échelle de la planète et pas même à l’échelle de l’Europe.

Par exemple, à Malte, avorter est un acte criminel entraînant une peine de prison de trois années pour la femme et celui ou celle qui l’aide. À Chypre, l’avortement n’est permis qu’en cas de viol ou de risque avéré pour la santé et la vie de la femme. Il en va globalement de même en Pologne, en Hongrie, en Irlande… Ailleurs, dans les pays où l’avortement est possible, il est assorti de conditions, variables d’un pays à l’autre, mais qui toutes entravent son bon déroulement. C’est, par exemple, la clause de conscience des médecins en Italie, l’absence de structures hospitalières adéquates en Grèce ou encore, en France, les restrictions de personnel et la suppression de centres pratiquant l’avortement. Et puis, quel que soit le pays où l’avortement est autorisé, la femme n’est jamais considérée comme capable de décider elle-même ce qu’elle peut et doit faire de ce corps qui pourtant lui appartient.

Le droit à interrompre volontairement une grossesse doit être assuré pour toutes les femmes. Là où il existe, il faut se mobiliser pour le défendre, car rien n’est jamais acquis surtout dans le contexte actuel de crise et de montée des idées réactionnaires. Ailleurs, il faut le conquérir.

Sophie GARGAN