États-Unis : des sportifs dénoncent le racisme d’État

27 Septembre 2017

La protestation publique de sportifs professionnels contre les meurtres de Noirs par des policiers a été relancée le dernier week-end de septembre par Trump lui-même.

Il y a tout juste un an, à la reprise du championnat de football américain, Colin Kaepernick, joueur noir au poste vedette de quarter-back d’une équipe prestigieuse de San Francisco, avait mis un genou à terre au moment où l’hymne américain était joué avant le match. Cela avait fait grand bruit et Kaepernick avait eu l’occasion de s’expliquer dans les médias. Il déclarait notamment : « Je ne vais pas me tenir debout et montrer de la fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs (…). Il y a des corps dans les rues et des gens qui ne sont pas poursuivis pour leur crime. »

Évidemment Trump, qui était alors candidat à l’élection présidentielle, avait durement critiqué Kaepernick. Il n’a d’ailleurs été repris par aucune équipe professionnelle, payant ainsi pour son attitude courageuse.

Vendredi 22 septembre, flattant sa base électorale raciste et réactionnaire, Trump a carrément appelé à ce que les propriétaires d’équipes « virent » tout joueur ayant la même attitude, traitant au passage Kaepernick de « fils de p... ».

Au cours des matchs du week-end qui a suivi, des centaines de joueurs noirs, et aussi quelques blancs, aussi bien de football américain que de basket, se sont à leur tour agenouillés au moment où l’hymne était joué. Ce qui est une critique implicite du racisme meurtrier de la police et de la démagogie de Trump. Certains, comme les vedettes du basket Lebron James et Stephen Curry, ont même pris la parole pour justifier cette protestation.

Comme les gouvernants avant lui, Trump veut utiliser le sport professionnel – joueurs et spectateurs – et le patriotisme qui l’accompagne, pour que chacun se mette en rang derrière lui, sans une once de critique.

Or, au risque de mettre en péril leur carrière, une partie des sportifs ont choisi d’utiliser leur notoriété et la couverture médiatique des matchs pour dénoncer le racisme de l’État américain. Ils ont bien fait.

Lucien DÉTROIT