Les étrennes du patronat

13 Septembre 2017

Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) baissera d’un point en 2018, puis disparaîtra en 2019, mais il sera remplacé par une baisse des cotisations des employeurs.

Créé fin 2012, le CICE est un vrai cadeau du gouvernement Hollande, au nom de l’amélioration de la compétitivité des entreprises. Il s’élève à 7 % de la masse salariale, pour les salaires compris entre le smic et 2,5 smic. Depuis sa création, sur la base de la déclaration des salaires des entreprises, les patrons ont obtenu de l’État un crédit de 47 milliards d’euros, sans compter 22 milliards à venir sur les salaires de 2017. Quant aux embauches par centaines de milliers qui devaient en résulter, on les cherche encore !

Le Medef a accueilli un peu fraîchement la décision du gouvernement de baisser le taux du CICE et même son remplacement, en 2019, par une baisse des cotisations patronales. C’est pourtant une de ses revendications, mais perdre un cadeau fiscal, c’est voir augmenter ses impôts, et gagnera-t-il au change ? Des représentants du grand patronat ont prévenu que rien ne devait renchérir ce qu’ils appellent le coût du travail, ajoutant : « Ce qu’il faut savoir, c’est si l’on veut ou non créer des emplois. »

C’est oublier la bienveillance du gouvernement à son égard. Tout est prévu, puisque l’impôt sur les sociétés va baisser. Et, mieux, 2019 sera une année en or pour les patrons. En plus de la baisse des cotisations patronales dès le 1er janvier, ils toucheront le dernier CICE sur les salaires de 2018. En cumulant les deux, on estime qu’ils pourraient ainsi gagner 13 milliards de plus qu’en 2018.

Non seulement les patrons continuent à puiser dans les finances publiques, mais il n’est même pas question d’une année blanche, du report d’un versement quelconque pour épargner les caisses de l’État : pour le patronat, on paye rubis sur ongle !

Sylvie MARÉCHAL