Slovaquie : grève victorieuse pour les salaires

06 Septembre 2017

Fin juin, 8 000 travailleurs de l’usine Volkswagen à Bratislava, en Slovaquie, ont mené avec succès une grève pour les salaires.

Les 12 000 travailleurs du site de Bratislava assemblent des Audi Q7, des VW Touareg, des Porsche Cayenne, des modèles prestigieux et chers. Et cela pour un salaire moyen de 1 800 euros brut mensuel. C’est bien plus que ce que gagnent la plupart des travailleurs en Slovaquie, a fait valoir contre les grévistes la direction de VW. Cela a fait monter encore plus l’exaspération des ouvriers, car beaucoup sont bien en dessous de cette moyenne. C’est la première grève depuis 1991, l’année du rachat de Skoda par Volkswagen.

Depuis la fin de l’URSS et de sa domination sur les pays de l’Est, les groupes automobiles ont vu dans ces pays, qui ont déjà une longue tradition automobile, un genre de paradis capitaliste où les entreprises trouvaient des travailleurs qualifiés à bas salaire. En Slovaquie les trois grands sites de production de VW, PSA et Kia produisent près d’un million de voitures par an. En 2015, Jaguar a commencé la construction d’une nouvelle usine qui doit produire 300 000 voitures par an.

Au début de l’année, des grèves et actions ont eu lieu chez Audi en Hongrie et en Serbie chez Fiat Chrysler, où la grève a duré vingt jours.

À VW Bratislava, la direction avait menacé les travailleurs : avec l’augmentation des salaires de 16 % réclamée, ils deviendraient trop chers et perdraient leurs emplois ! Mais les ouvriers ne sont pas laissé impressionner. Après six jours d’une grève largement majoritaire, la direction de VW a cédé 13,5 % d’augmentation étalée sur deux ans, et une prime immédiate de 500 euros.

C’est au tour des constructeurs d’automobiles d’être inquiets. Car la grève a reçu beaucoup de sympathies et de soutien dans la population, et pas seulement en Slovaquie. L’idée de faire grève a gagné d’autres entreprises, comme PSA à Trnava. La direction de Kia a pris les devants en cédant une augmentation de 8,8 %. En Tchéquie voisine, l’exemple pourrait faire tache d’huile.

Claude THIÉRAM