Rythmes scolaires : où est l’intérêt des enfants ?

06 Septembre 2017

Un tiers des écoles environ repassent dès cette rentrée à la semaine de quatre jours. Pour les familles, cette volte-face décidée à la dernière minute a posé bien des problèmes d’organisation et de coût. Elle a aussi fait perdre des heures de travail aux animateurs des temps périscolaires. Mais a-t-elle été prise pour tenir compte des besoins des enfants ?

Cela fait quelques années que le rythme scolaire des enfants de primaire et maternelle fait du yoyo. C’est en 2008, sous le gouvernement de Sarkozy que Darcos avait réduit la semaine à quatre jours, supprimant deux heures au temps passé à l’école. En 2013, sous Hollande, Peillon avait réintroduit la semaine de quatre jours et demi, avec des journées de travail plus courtes et en prévoyant des temps d’activité périscolaire dont le financement était laissé à la charge des communes. Une aide leur avait bien été accordée mais elle ne couvrait pas l’ensemble des dépenses. De ce fait, par souci d’économies, bien des communes parmi les moins riches se sont empressées de revenir à la semaine de quatre jours dès que le gouvernement Macron l’a permis.

L’intérêt des enfants n’est pas pris en compte dans ces changements, d’autant que bien souvent ce n’est pas l’école qui rythme la vie des familles et des enfants. Le marché du travail, la précarité, le chômage, la multiplication des horaires décalés, des dimanches travaillés bouleversent leur vie. Régler le rythme scolaire en fonction de l’intérêt des enfants nécessiterait bien sûr des moyens bien plus conséquents pour l’école et pour les activités périscolaires.

Inès Rabah