Rentrée scolaire : effets d’annonce sans moyens

06 Septembre 2017

Les réformes de l’Éducation nationale annoncées à grand bruit par Macron, classes de CP de douze élèves dans certains établissements de l’éducation prioritaire et introduction d’études surveillées au collège, entre autres, se heurtent à la réalité des faits : à budget égal, cela ne peut se faire qu’au détriment de l’ensemble du système éducatif. C’est ce que dénoncent les enseignants qui se sont mis en grève dès la rentrée, avec le soutien de parents et d’élus communaux.

Le dédoublement des classes de CP, permettant d’insister sur la lecture et les mathématiques, profiterait certes à tous. Mais qu’en est-il réellement ? Seules sont concernées par ce dispositif les classes REP + (réseau d’éducation prioritaire renforcé). Déjà, selon les premiers chiffres, seules 86 % d’entre elles sont physiquement dédoublées. En Seine-Saint-Denis, un des départements qui concentrent une importante population d’élèves dont beaucoup sont en difficulté, le manque de locaux fait descendre cette proportion à 56 %. Deux enseignants parlant en même temps dans une même salle, on ne peut pas dire que ce soient des conditions d’apprentissage idéales !

Quant aux enseignants, ils ont été récupérés, comme le dénonce une militante syndicale directrice d’une école de Seine-Saint-Denis, dans la réserve des remplaçants (déjà insuffisante) ou dans le dispositif « Plus de maîtres que de classe », qui permettait des renforts ponctuels. Et comme cela ne suffit pas pour trouver le nombre d’enseignants nécessaires, dans certaines écoles des classes ont été fermées et celles des classes restant ont vu leurs effectifs augmenter, avec parfois plus de 30 élèves. Autrement dit, les bienfaits d’une année à effectif réduit risquent fort d’être perdus l’année suivante.

À cela s’ajoute la diminution des emplois aidés qui pèse sur le fonctionnement des écoles, à tel point que la rentrée à dû être retardée à La Réunion ainsi que dans différentes communes de métropole, « la sécurité des enfants n’étant pas respectée », comme l’ont dénoncé des maires ou responsables d’école. On a même vu des maires et des parents d’élèves obligés de faire le service à la cantine ou la sortie des écoles, situation qui ne peut évidemment pas durer.

Dans le secondaire, Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, prévoit de mettre en place des études surveillées gratuites. Fort bien, mais avec qui ? Des professeurs faisant des heures supplémentaires, propose le ministre, ou des assistants d’éducation, ou, dernière trouvaille qui a le mérite de ne rien coûter, des volontaires du service civique et des bénévoles d’associations.

Mais, tant que les moyens nécessaires à la réussite des élèves n’augmenteront pas, les bricolages ministériels ne sont rien d’autre que des effets d’annonce qui ne trompent ni le personnel enseignant qui doit se débrouiller avec les moyens du bord, ni les municipalités qui doivent faire face à des restriction de crédits et de personnel, ni les parents d’élèves confrontés à la réalité.

Marianne LAMIRAL