Maroc : des manifestants du Rif lourdement condamnés

06 Septembre 2017

La répression continue contre les participants au mouvement de contestation populaire Hirak dans la région du Rif. Les premières condamnations de manifestants sont particulièrement lourdes. Les arrestations se poursuivent, touchant en particulier les journalistes qui se sont fait l’écho du mouvement.

Des centaines de personnes en colère ont manifesté le 1er septembre dans la ville d’Imzouren, en réponse aux condamnations récentes de neuf détenus, qui vont d’un an à vingt ans de prison ferme pour l’un d’entre eux, accusé d’avoir incendié un dortoir de police. Les manifestants réclament toujours la libération de tous les prisonniers et l’arrêt de la répression. Ils dénoncent les enlèvements dans la rue ou près de chez elles, par des policiers en civil ou en uniforme, de plusieurs personnes ayant participé aux diverses manifestations, dont celle non autorisée du 20 juillet.

Suite à cette manifestation, Hamid Mahdaoui, responsable du site d’information Badil.com, a été arrêté parce qu’il filmait les rassemblements pour les mettre en ligne. Début août, c’était le tour d’Abdelkebir al-Hor, responsable du site Rassdmaroc, qui écrivait de nombreux articles sur les manifestations. Six autres journalistes et assistants attendent leur jugement et deux journalistes du site Rif Express ont déjà été condamnés à cinq mois et un an de prison ferme.

Le gouvernement continue sa pression pour museler la population du Rif. Mais la manifestation réussie du 1er septembre montre qu’une partie de celle-ci ne se laisse pas intimider. Elle a encore une fois crié sa colère et son indignation contre ce gouvernement qui refuse d’entendre ses revendications pourtant légitimes : un travail, un salaire pour vivre et des infrastructures qui permettent de se soigner et d’étudier correctement. Des revendications que partagent bien d’autres habitants pauvres de ce pays, dirigé par un roi, Mohamed VI, riche à milliards.

Malika FARES