Lycée Suger – Saint-Denis : contre la mutation forcée d’un enseignant

06 Septembre 2017

Au début de l’été, Pascal Stoller, un enseignant en poste depuis vingt-trois ans au lycée, a appris la décision du rectorat de le muter d’office. Il assume depuis dix-sept ans le rôle de chef des travaux, c’est-à-dire de directeur délégué aux formations audiovisuelles, formations qu’il a grandement contribué à créer et qu’il anime avec passion.

Pour lui comme pour l’ensemble de ses collègues, des élèves et de leurs parents, cela a été la stupéfaction. D’abord, parce que son travail et ses compétences sont unanimement reconnus. Ensuite, parce que le lycée a été durement éprouvé durant l’année, avec l’agression d’un surveillant à la rentrée 2016, qui a entraîné une grève de quinze jours pour obtenir davantage de surveillants. Puis, par la suite, avec l’arrestation arbitraire par la police de 55 élèves, la plupart mineurs, maintenus en garde à vue durant 36 heures, après que des individus extérieurs eurent tenté de mettre le feu au lycée.

Le manque de moyens attribués à ce lycée de quartier populaire et le mépris avec lequel sont traités ses élèves sont vivement ressentis par tous. Dans ce contexte, la mutation injustifiée de Pascal Stoller a été ressentie comme une véritable provocation !

Une pétition pour exiger sa réintégration a recueilli plus de 2 000 signatures. Et dès la fin août, après s’être réunies une première fois à la mairie, 150 personnes – élèves, parents, enseignants, habitants du quartier, élus – sont allées manifester au rectorat. Lundi 4 septembre, une nouvelle manifestation a eu lieu devant le ministère.

Avec la réintégration immédiate et sans condition de Pascal Stoller, ce sont « des moyens et du respect pour Suger » que revendiquent ensemble tous ceux qui sont mobilisés.

Correspondant LO