Inondations en Inde : un millier de morts dû à la misère

06 Septembre 2017

Il n’y a pas qu’à Houston que les inondations causent de terribles dégâts. Les médias en parlent beaucoup moins, mais l’Inde et les pays voisins, Népal, Bangladesh, Sri Lanka et Pakistan, connaissent des inondations catastrophiques dues à la mousson.

Chaque année celle-ci arrose le sous-continent indien, entraînant souvent des déluges. Cette année c’est un record : la ville de Bombay, 18 millions d’habitants, est gravement inondée, avec des rues où les habitants ont de l’eau jusqu’à la ceinture et des bidonvilles transformés en étangs.

Le sud du Népal, le Bengale indien, le Bangladesh, mais aussi le Sri Lanka et le Pakistan sont ravagés. Les inondations auraient fait un millier de morts, peut-être 1 200, par noyade, glissement de terrain, effondrement d’immeuble. Les chiffres ne sont pas précis parce qu’on ne dénombre pas exactement les pauvres qui sont morts dans les villages isolés par le déluge.

Aux États-Unis, l’ouragan a causé une soixantaine de morts et un million de personnes ont été déplacées au Texas. En Inde, il y a 20 à 25 fois plus de morts et peu de déplacés, parce qu’il n’existe pas de service pour déplacer les gens, et qu’il n’y a de toute façon nulle part où aller.

Bombay paye, tout comme Houston d’ailleurs, une urbanisation anarchique qui bétonne partout, sans laisser de possibilité d’évacuation des eaux. Mais le pire facteur est encore l’effroyable misère qui sévit sur le continent indien.

Les habitations sont le plus souvent rudimentaires, situées dans des bidonvilles, et les services publics, notamment hospitaliers, sont dramatiquement insuffisants.

Cette misère est un legs de la colonisation britannique, qui a bloqué le développement de l’Inde et des pays voisins, et ils n’ont pas fini d’en payer les conséquences.

André VICTOR