Police : permis de tuer

23 Août 2017

Samedi 19 août, à Châlette-sur-Loing, près de Montargis, six policiers ont abattu un homme de 48 ans lors d’une interpellation.

L’homme, soigné en psychiatrie, était accusé d’avoir menacé une personne avec un couteau. Pour échapper aux policiers venus l’arrêter à son domicile, il s’était réfugié dans sa voiture. C’est lors de sa tentative de fuite au volant du véhicule qu’il a été tué.

Les vidéos de la scène circulant sur les réseaux sociaux montrent la voiture cherchant à s’échapper alors que les policiers essaient d’en casser le pare-brise, avant de tirer une quinzaine de coups de feu, atteignant le conducteur par l’arrière, à un moment où il ne représentait aucunement un danger pour eux.

Devant l’émoi soulevé par les vidéos, la Police des polices a ouvert une enquête.

Les policiers meurtriers risquent-ils grand-chose ? Depuis le 28 février dernier, la loi autorise la police à ouvrir le feu quand « les conducteurs n’obtempèrent pas » et qu’ils sont « susceptibles » de représenter une menace. Cette loi, voulue par Hollande et Valls pour répondre aux revendications policières de la fin 2016, avait alors été contestée par les associations de défense des droits de l’homme, par le Syndicat de la magistrature et même par le défenseur des droits, l’homme de droite Jacques Toubon, qui y voyaient, à juste titre, la possibilité de couvrir bien des bavures. Cela n’avait pas empêché son vote par une Assemblée quasi déserte.

De l’assassinat d’Adama Traoré à l’affaire Théo, en passant par la mort de Liu Shaoyo, ce ressortissant chinois tué chez lui, devant sa famille, par des policiers en mars dernier, pour ne citer que les bavures plus récentes et les plus médiatisées, la police n’a pas eu besoin d’une telle loi pour commettre des bavures. Mais, en les absolvant par avance, elle encourage les policiers les plus nerveux à croire encore plus que tout leur est permis.

Jacques Le Gall