Peugeot – Sochaux : exploitation en surchauffe

23 Août 2017

Cette année, la production a redémarré le 16 août après que la direction a décidé de réduire les congés à trois semaines consécutives, voire deux ; plus question des quatre semaines !

Et les horaires journaliers des équipes sont rallongés. L’équipe du matin commence 21 minutes plus tôt, et finit 5 minutes plus tard, pendant 5 jours ; celle d’après-midi travaille 41 minutes de plus pendant 4 jours. Les ouvriers qui ont repris avec ces nouveaux horaires n’apprécient pas cette nouvelle aggravation de leurs conditions de travail.

La direction veut mettre en place dès septembre une nouvelle équipe de production, le vendredi, samedi et dimanche (VSD) : 28 heures de travail en chaîne, pour produire plus de voitures, des Peugeot 3008 et Opel Granland, et plus vite.

Pour recruter 1 000 intérimaires de plus à Sochaux, la direction et son cartel d’agences d’intérim ont multiplié, pendant des semaines, les job dating, les salons de l’emploi, fait une campagne publicitaire sur les réseaux sociaux, mis des affiches sur les murs et les bus de la région. Malgré ce battage monstre, elle a eu du mal à recruter. La perspective d’être immanquablement mis à la porte en fin de contrat, pour un salaire de 1 400 euros net par mois, n’avait pas de quoi susciter une ruée de candidats. Aussi des travailleurs venus d’Espagne et du Portugal ont été recrutés fin juillet.

Peugeot considère que la surchauffe de la production est un « bon problème » à traiter… par la surchauffe, pour tous les travailleurs, précaires comme embauchés, celle de leurs muscles et de leurs tendons, sursollicités par l’augmentation continue des cadences. Sur les chaînes du système 2 où sont produites les 3008, en juin il fallait sortir 53 voitures par heure, en juillet, 56 ; la direction en impose 58 en septembre, pour atteindre 60 par heure à partir de janvier 2018.

Pour la famille ­Peugeot et les actionnaires, l’explosion de la précarité, avec l’objectif de 3 000 intérimaires en production à Sochaux pour moins de 5 000 ouvriers en CDI, c’est aussi un « bon problème ». Cette politique, c’est la poursuite des suppressions d’emplois en CDI : 500, ces six derniers mois. C’est l’écrasement des salaires, la course à la productivité avec des conditions de travail de plus en plus insupportables et des horaires de travail à la carte.

Les bons problèmes pour les travailleurs, ce serait de faire reculer la direction par une surchauffe de la colère ouvrière !

Correspondant LO