Le 12 septembre : préparons-nous à faire grève et à manifester

23 Août 2017

Il faudra attendre le 31 août pour connaître le contenu exact des ordonnances de la réforme du Code du travail qui entreront en vigueur dès fin septembre. D’ici là, la comédie de la négociation et des arbitrages continue, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, recevant à tour de rôle patronat et organisations syndicales.

Redoutant une réaction ouvrière, le gouvernement repousse au maximum toute annonce définitive. Mais il n’y a pas de doute possible quant à l’ampleur de l’attaque qu’il prépare. Comme la loi El Khomri, cette réforme va faire tomber des pans entiers du Code du travail, pour les remplacer par des accords de branche ou des accords d’entreprise.

Quels que soient les derniers arbitrages concernant le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, l’assouplissement des CDD, l’extension du contrat de chantier, sorte de CDD sans prime de précarité, ou encore la possibilité de négocier des accords d’entreprise en dehors de toute présence syndicale, le résultat sera un recul pour tous les travailleurs. Il le sera particulièrement pour ceux qui travaillent dans les petites entreprises et qui n’auront même plus le Code du travail à faire valoir pour contrecarrer les abus patronaux.

La crise et le chômage de masse ont mis le patronat en situation de force, ce dont il profite pour mener une guerre contre le monde du travail. Dans la plupart des entreprises, du privé comme du public, les salariés ont subi une aggravation de l’exploitation à coups de licenciements, de restructurations et d’allongement du temps de travail, sans parler du blocage ou de la baisse des salaires. Conscient de ce rapport de force, le grand patronat aidé du gouvernement en profite pour reprendre le terrain qu’il avait dû concéder aux travailleurs sous la pression de décennies de luttes ouvrières. Et il avancera, tant que les travailleurs n’offriront pas de résistance. L’attaque contre le Code du travail est un pas de plus dans cette guerre.

Le sort des travailleurs dépend de leur capacité collective à inverser ce rapport de force, en s’opposant aux attaques patronales et gouvernementales avec leurs armes de classe, les grèves et les manifestations. Il faut que les travailleurs conscients l’affirment et se préparent à participer à la journée de grève et de manifestation appelée le 12 septembre par la CGT, Solidaires et la FSU, tout en sachant qu’une lutte de plus grande envergure est nécessaire.

Alors que la direction de la CFDT et même FO, par la voix de Mailly, prêchent l’attentisme et noient le poisson en laissant croire que les négociations peuvent encore porter leurs fruits, il faut affirmer que, oui, les choses peuvent changer, à condition que les travailleurs se mobilisent.

Lila VERMER