Hôpital Beaujon – Clichy : pagaille programmée23/08/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/08/2560.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôpital Beaujon – Clichy : pagaille programmée

Cela va faire un an qu’une nouvelle organisation du temps de travail a été mise en place à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Ce projet avait suscité un fort mouvement de protestation et de grèves en 2015 mais Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, avait réussi à l’imposer des mois plus tard après des modifications minimes.

Aujourd’hui, toutes les conséquences néfastes pointées par le personnel en colère ont pu malheureusement être vérifiées à l’hôpital Beaujon de Clichy, dans les Hauts-de-Seine. La suppression de jours de RTT et la généralisation de la grande équipe, c’est-à-dire l’alternance d’horaires du matin et de l’après-midi, ont perturbé le rythme de sommeil et la vie familiale d’un grand nombre de travailleurs de la santé. Le rythme régulier promis, de quinze jours du matin et quinze jours de l’après-midi, est loin d’être la règle. Souvent, du jour au lendemain, les horaires sont chamboulés par manque de personnel. Les deux repos consécutifs en semaine deviennent l’exception, seuls les week-ends sont respectés.

Cette nouvelle organisation devait améliorer les conditions de travail et résoudre les problèmes de personnel mais, en politique, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Les cadres bricolent les plannings à la va-vite. Un jour, une cadre met en repos une salariée qui devait travailler du matin pour qu’elle puisse assurer la nuit en heures supplémentaires, créant ainsi un manque dans l’équipe du matin. Une autre fois, il n’y avait pas d’aide-soignante dans le service de gériatrie le matin, et l’après-midi il n’y avait pas d’auxiliaire de puériculture en Maternité.

Dans son Manifeste des valeurs de l’AP-HP, Martin Hirsch parle de « réfléchir collectivement à nos défauts d’organisation, pour les corriger ». Pour les discours, il est imbattable mais, pour soigner, ce n’est pas de discours que le personnel a besoin, mais de salariés en chair et en os, embauchés de façon pérenne et pas à la petite semaine.

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