Venezuela : une opposition qui ne promet rien de bon

09 Août 2017

La crise politique qui secoue le Venezuela s’est accentuée depuis les élections à une Assemblée constituante imposée par Maduro.

Malgré la propagande de l’opposition de droite qui appelait à leur boycott et les menaces, ces élections ont eu lieu et entre 7 et 8 millions d’électeurs se sont déplacés. L’enjeu pour les opposants à Maduro était d’en finir avec une politique basée sur la mainmise de l’État sur les richesses pétrolières, qui est un obstacle aux marchandages entre la bourgeoisie vénézuélienne et les puissances impérialistes.

L’opposition à la politique de Chavez, puis à celle de Maduro n’est pas nouvelle, mais les difficultés économiques ont ouvert des possibilités aux leaders des partis regroupés dans la Plateforme d’unité démocratique (MUD). De récentes élections leur avaient donné une majorité à l’Assemblée nationale. Dès lors, ils voulaient en finir avec le régime de Maduro, l’accusant de régner en dictateur. Maduro annonça alors l’élection d’une Assemblée constituante. Ce défi fut le prétexte à une escalade de manifestations violentes de l’opposition.

Le MUD et ses leaders les plus connus comme Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado et Enrique Capriles représentent l’oligarchie vénézuélienne qui a gouverné avant Chavez, confisquant depuis des décennies le pouvoir et les profits pétroliers et imposant la misère aux classes populaires. Ce sont ceux-là qui avaient appuyé un coup d’État manqué en 2002 contre Chavez. Ils ont aussi tout fait pour jeter le discrédit sur le régime de Chavez-Maduro au plan international, le dénonçant en particulier comme dictatorial et incompétent.

Aujourd’hui, le Venezuela est exclu du Mercosur, le marché commun de l’Amérique latine, et l’Union européenne refuse de reconnaître les élections à l’Assemblée constituante. Même le Vatican a pris position contre la validation de ce scrutin.

Maduro est donc isolé internationalement et en butte à une opposition offensive qui si elle l’emportait, se comporterait en adversaire impitoyable des classes populaires. Cet isolement risque de s’aggraver comme cela s’est passé par exemple au Nicaragua, et un coup de force de la droite la plus réactionnaire menace.

Pour les classes populaires, le seul espoir de changer leur sort serait de prendre elles-mêmes en main la gestion des richesses du pays pour les mettre au service de la société.

Henriette MAUTHEY