Universités : rafistoler et éliminer

09 Août 2017

S’inscrire en faculté continue à être un casse-tête. La filière des sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) est particulièrement encombrée : on compte en effet 33 000 demandes pour 17 000 places.

Devant les protestations des parents, des élus locaux, des proviseurs de lycées, le gouvernement a proposé une aide d’urgence : il versera aux établissements 1 500 euros sur trois ans par inscrit supplémentaire. La faculté de Strasbourg a accepté et comptera 700 inscrits dans sa filière Staps, dont la capacité officielle est de 450 étudiants.

D’autres universités sont sollicitées et parfois hésitent. Même une aide financière de ce type ne règle pas les problèmes : celui de l’embauche d’enseignants qui, de toute façon, ne seront que des vacataires, ou celui de l’accès aux installations sportives en nombre limité. Et il est possible aussi que toutes les sommes promises n’arrivent pas à la filière en question. Dans d’autres circonstances ce type d’aide a servi en partie à combler les urgences du fonctionnement général des établissements.

Les universités débordent, et pas seulement dans la filière Staps. Beaucoup tirent sur le budget ne serait-ce que pour assurer le chauffage et l’entretien courant, sans parler évidemment du manque de locaux et de postes, alors que le nombre d’étudiants a augmenté.

Le gouvernement dénonce l’héritage laissé par les précédents gouvernements. Mais il utilise les mêmes ficelles et, surtout, il fait une campagne pour imposer l’obtention de pré-requis à l’entrée de l’université, une validation de connaissances diverses en plus de l’obtention du bac. C’est simplement un barrage supplémentaire, pour faire des économies et éliminer un certain nombre d’étudiants… avant même qu’ils commencent leurs études supérieures.

Sylvie MARÉCHAL