L’opposition à la vaccination : une campagne obscurantiste

09 Août 2017

Lors de son discours de politique générale, Edouard Philippe a annoncé que le nombre de vaccins obligatoires passerait de trois à onze. Cette décision, confirmée au début de l’été par la ministre de la Santé et qui devrait faire l’objet d’une loi d’ici la fin de l’année, a mobilisé les courants antivaccination qui existent dans le pays. Ils ont mis à profit cette décision pour activer leur campagne.

Jusqu’à présent seul le vaccin DTP, en réalité trois vaccins en un, est obligatoire. Les huit autres sont seulement recommandés, entre autres, le vaccin ROR contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Ces vaccins sont d’ores et déjà très répandus, 70 % des enfants les reçoivent, mais c’est encore insuffisant puisque pour empêcher une maladie virale comme la rougeole d’infecter de nouveaux individus le seuil de vaccination doit dépasser 95 %.

La vaccination, qui consiste à injecter au patient une forme inoffensive de l’agent infectieux pour préparer l’organisme à s’en défendre, a permis d’éradiquer des maladies extrêmement graves telles que la variole ou la poliomyélite, du moins dans les pays riches. Elle protège non seulement les personnes vaccinées mais les autres, en limitant la propagation de la maladie.

La campagne mondiale de vaccination contre la rougeole menée depuis des années a permis de faire reculer notablement la maladie. Toutefois on recensait encore 367 décès par rougeole chaque jour dans le monde en 2015. En France cette maladie a réapparu : depuis 2008 elle a causé plus de 6 000 hospitalisations, dont 1 500 cas graves et quelques décès.

Aujourd’hui, des groupes d’obédiences variées attisent de façon irresponsable la méfiance vis-à-vis des vaccins, profitant du manque d’information de la population, allant jusqu’à répandre des rumeurs infondées quant aux effets secondaires et aux risques liés à la vaccination. Ces risques éventuels sont en tout état de cause infiniment inférieurs aux bénéfices que la population en retire. Cette méfiance est réactivée chaque fois qu’un laboratoire fait l’objet d’un scandale, comme le fut le laboratoire Servier avec le Médiator.

Mais le plus scandaleux, c’est le fait que toute une partie de la population mondiale soit encore privée de la possibilité de se vacciner.

Melika Rieux