Football: derrière les gros salaires, les super profits

09 Août 2017

Le transfert de Neymar au club de Paris-Saint-Germain a suscité de nombreuses réactions. Mais s’il se trouve des commentateurs pour juger « indécents » les 30 millions d’euros annuels d’un Neymar, bien peu dénoncent les profits mirobolants que le football rapporte à des financiers qui n’ont pas besoin de marquer de buts pour gagner des millions.

Le transfert de Neymar ne fait pas exception. Malgré son montant record, celui-ci s’annonce comme une opération très rentable, et pas seulement pour les investisseurs qataris.

Dès l’annonce du transfert, plus de 10 000 maillots floqués Neymar, vendus 140 euros, ont trouvé preneur en quelques heures. Si on défalque les 6 euros de coût de fabrication, les 4 euros de frais de transport et les 30 euros de taxe, cela fait déjà 100 euros de bénéfice net par maillot que vont se partager Nike, le PSG et les magasins distributeurs.

C’est aussi une bonne affaire pour Canal + (groupe Bolloré), Bein Sport et SFR (groupe Altice) qui détiennent en France le droit de retransmettre les matchs et peuvent tabler sur une hausse du nombre de leurs abonnés.

Si les présidents des autres clubs français se frottent les mains depuis l’annonce de l’arrivée de Neymar à Paris, c’est qu’eux aussi ont à y gagner. Car la Ligue 1, désormais appelée Ligue 1 Conforama, va prendre de la valeur. Les droits de diffusion à l’étranger qui s’élèvent aujourd’hui à 80 millions d’euros, loin derrière ceux des championnats anglais (un milliard d’euros), et espagnol (700 millions d’euros), vont être renégociés, notamment en Asie et en Amérique, les principaux marchés visés par les Qataris. La Ligue française de football qui négocie ces droits les reverse ensuite à tous les clubs de Ligue 1 au prorata de leurs performances.

Et les sponsors du PSG, parmi lesquels Orange, PMU, Citroën, peuvent également se réjouir de cette augmentation de leur exposition médiatique.

Alors que les matchs de la Ligue 1 viennent à peine de commencer, on connaît déjà le nom des groupes capitalistes qui en sont les grands gagnants.

Denis Aler