AR Carton – Cholet : une nouvelle claque pour la direction

09 Août 2017

L’entreprise AR Carton à Cholet, dans le Maine-et-Loire, qui compte près de 200 salariés, est spécialisée dans la fabrication de cartonnages pour les produits alimentaires, avec des normes très strictes.

Un audit effectué par un organisme extérieur pour le contrôle de ces normes est effectué au moins une fois par an. Alors les jours précédents, c’est « la revue de casernement », même si en temps normal aussi les consignes doivent être respectées : avant d’aller à son poste de travail, chaque ouvrier doit mettre une charlotte, se laver les mains et aucun objet personnel n’est autorisé sur les postes de travail. Seules les bouteilles d’eau avec bouchon rétractable sont permises.

Un délégué CGT avait été sanctionné de deux jours de mise à pied en décembre 2015 pour avoir laissé à son poste une bouteille d’eau « normale ». Cela faisait cher la bouteille… Le 23 juin dernier, le conseil des prud’hommes d’Angers a annulé la sanction, jugée disproportionnée par rapport aux faits reprochés. Des bouteilles d’eau normales sont à disposition des travailleurs au réfectoire et dans les salles de pause, toute l’année, et le patron distribue lui-même des bouteilles d’eau gratuites en cas de canicule sur les postes de travail. La sanction était donc scandaleuse.

Le jugement est un camouflet de plus pour la direction, qui en janvier déjà s’était fait recaler par le même conseil des prud’hommes, pour avoir introduit une modification substantielle du contrat de travail d’un autre salarié sans respecter la procédure.

Ces petites claques juridiques à la direction font du bien au moral, dans une entreprise où le patron s’est récemment montré particulièrement méprisant. En début d’année, il avait proposé seulement 0,6 % d’augmentation de salaire et annoncé une chute de la prime d’intéressement à seulement 200 euros. Là-dessus, il prétendait encore prélever 20 euros pour les donner aux Restos du Cœur... car les délégués CGT s’étaient montrés, selon lui, « insolents » en faisant allusion à l’association fondée par Coluche dans un de leurs tracts. Mais après cinq jours de grève, en mars 2017, les travailleurs avaient finalement obtenu une augmentation de salaire de 1,6 % et une prime de 100 euros net par jour de grève.

Face au mépris patronal, les travailleurs d’AR Carton ont montré de la combativité. Les récentes décisions des prud’hommes leur confirment, s’il en était besoin, qu’il ne faut rien laisser passer.

Correspondant LO