Angers : « Un toit, c’est un droit ! »

09 Août 2017

Samedi 29 juillet à Angers, un rassemblement à l’initiative de militants syndicaux et associatifs a réuni plusieurs dizaines de personnes pour protester contre l’expulsion, intervenue le 11 juillet, de 120 personnes désormais sans logement.

Ce jour-là, sur ordre de la préfète et à la demande notamment de la Mairie d’Angers et du Conseil départemental de Maine-et-Loire, la police avait évacué trois squats, au Chêne-Vert à Saint-Barthélémy d’Anjou, aux Trois-Paroisses aux Ponts-de-Cé, et à Saint-Sylvain d’Anjou. Roms fuyant les discriminations subies au Kosovo ou en Roumanie, migrants soudanais ou somaliens, ils ont été des dizaines à se retrouver sur le trottoir, dont des femmes enceintes, des bébés et des enfants et adolescents scolarisés. S’ils s’étaient installés ainsi, des mois durant, dans des immeubles publics ou semi-publics inoccupés, c’était tout simplement faute d’avoir été hébergés par l’État ou le département qui s’assoient sans vergogne sur leurs obligations légales.

La préfète, qui a déclaré ces occupations de logement « illégales et dangereuses », ose prétendre que l’évacuation est bonne pour les expulsés, puisqu’il n’était plus possible, selon elle, de les laisser dans une situation « d’insécurité et d’insalubrité ». Un exercice de rhétorique odieux...

À l’heure qu’il est, bon nombre des expulsés campent sur un terrain loué par des associations, juste derrière le grillage du centre d’hébergement d’urgence. Cette solution n’en est pas une et ne pourra être que provisoire. Ce ne sont pas les logements vides qui manquent à Angers. La ville en regorge, à commencer par trois anciens foyers de jeunes travailleurs (FJT) qui pourraient rapidement être remis en activité. Qu’on les réquisitionne et qu’il soit enfin donné à ces familles des conditions d’accueil décentes, à l’abri des intempéries... et du harcèlement policier.

Correspondant LO