Accor : bénéfices sur le dos des migrants… et des salariés

09 Août 2017

Pour faire face à la demande croissante d’hébergements d’urgence et ainsi loger les demandeurs d’asile, l’État, via la SNI, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, a racheté au groupe hôtelier Accor 62 hôtels Formule 1 qu’elle va confier en gestion au Samu social et à Adoma, qui gère des foyers de migrants.

Ces hôtels sont pour beaucoup d’entre eux laissés à l’abandon depuis des années, et n’auraient pas trouvé d’autre repreneur. C’est donc une bonne opération pour Accor, mais elle l’est moins pour les 393 salariés qui travaillent dans ces hôtels. Peu d’entre eux peuvent escompter être repris par les nouveaux propriétaires, qui vont recruter des travailleurs sociaux. Et si certains salariés vont être reclassés dans le groupe, nombre d’entre eux ne pourront pas l’être à moins de déménager et de tout quitter.

Il est impossible de savoir combien restent sans solution, mais les méthodes de la direction d’Accor montrent quel mépris elle a pour ses salariés. Ainsi des employés du Formule 1 de la Crèche dans les Deux-Sèvres, sans nouvelle du plan social depuis mars, ont reçu le SMS suivant de leur directrice : « Bonjour, il y a de fortes chances que l’hôtel ferme le 25/07 à 12 h 00 » ! Ils n’avaient reçu aucune proposition de reclassement.

Des hôtels miteux pour les migrants, la porte pour leurs travailleurs, il n’y a qu’Accor pour être satisfait, qui se débarrasse à bon compte de ce qui ne l’intéresse plus.

Aline URBAIN