Saint-Gobain : suppressions d’emplois annoncées

02 Août 2017

Mercredi 19 juillet, juste avant les congés, la direction de Saint-Gobain Pont-à-Mousson, la branche canalisation de Saint-Gobain, a annoncé la suppression de 400 postes de travail d’ici à la fin de 2020.

Elle a beau faire une distinction subtile entre suppression de postes et suppression d’emplois et promettre qu’il n’y aura que des départs volontaires, cela fera 400 emplois en moins pour les jeunes et ce sera une véritable saignée parmi les 2 200 salariés de PAM, tout particulièrement dans l’usine de Pont-à-Mousson, dans la Meurthe-et-Moselle, qui est spécialisée dans la fabrication de tuyaux de fonte ductile.

Depuis plusieurs mois, l’activité était réduite et pratiquement tous les intérimaires avaient été renvoyés. Officiellement il était question d’une baisse des commandes des tuyaux de grands diamètres, ceux qui sont destinés à la grande exportation, notamment vers les pays du Golfe.

Mais récemment la direction a invoqué le manque de compétitivité de l’usine face à la concurrence chinoise et indienne pour la grande exportation. Or, en Chine et en Inde, Saint-Gobain est le deuxième producteur de tuyaux. La direction avouait ainsi que c’est elle-même qui mettait délibérément ses sites en concurrence les uns avec les autres et privait de commandes l’usine de Pont-à-Mousson.

Pour faire passer la pilule et dissiper les inquiétudes sur la pérennité de l’usine, la direction parle d’un plan d’avenir avec de vagues promesses d’investissements, de robotisation et de digitalisation. Il n’y a rien à attendre de ces promesses fumeuses.

Face à cette attaque majeure, tous les travailleurs de Saint-Gobain PAM sont concernés. Il ne s’agit pas seulement de défendre les 400 postes que la direction veut aujourd’hui supprimer, mais bien l’ensemble des 2 200 emplois. La direction prétend que la branche canalisation lui fait perdre 10 millions d’euros par an, mais le groupe Saint-Gobain compte parmi les cent plus grands groupes mondiaux. Avec un bénéfice net affiché de 1,2 milliard, dont plus de 700 millions distribués en dividendes aux actionnaires, il a largement les moyens de maintenir les emplois existants. Mais il ne le fera pas sans y être contraint par une mobilisation des travailleurs.

Correspondant LO